35Profiler : personne qui détermine le profil psychologique d’un individu, notamment lors d’une enquête criminelle.

Finalement, vous le connaissez plutôt bien ce spécialiste du comportement humain : vous le voyez toutes les semaines dans votre salon et vous lui devez la résolution d’un nombre incalculable d’enquêtes où il a su mesurer avec justesse :

22 les personnalités, certes souvent effarantes, des criminels

22 mais aussi donner des précisions renversantes sur leur passé, leur apparence physique puis leur situation familiale et sociale alors même qu’ils sont inconnus des services de police.

Et tout cela en moins de 52 minutes, montre en main !

Par leur capacité d’analyse, ces magiciens de l’esprit suscitent respect, fascination et admiration.

Et pourtant… vous ne le savez peut-être pas, mais vous aussi vous êtes un profiler !

Vous avez même la faculté d’analyser vos compatriotes en moins de… 2 secondes.

 

Profilers de naissance !

Lorsque l’on me pose des questions sur mon métier de « criminologue », j’observe des réactions assez différentes allant de l’étonnement à la curiosité et de l’inquiétude à l’écœurement. Mais il y a toujours deux questions qui reviennent de façon implacable :

– « Pourquoi ? »

et

– « Comment ? »

C’est sur ce second point que les interrogations se font plus insistantes.

Ainsi, l’engouement porté au métier de « criminologue » ou de « profiler » repose souvent sur cet intérêt : comprendre les mécanismes psychologiques de ceux qui nous entourent, en laissant de côté les psychopathes ou autres pervers qui ont plus tendance à effrayer qu’à intéresser la population.

Et cet engouement face à ces métiers de l’esprit ne cesse de me surprendre puisque nous avons tous cette capacité de « profiler » les autres. Nous le faisons tout le temps et ce, depuis notre naissance.

Le nouveau-né qui passe de bras en bras reconnaît instinctivement sa mère puis, dès qu’il est en âge de marcher et de parler, il observe et teste ses parents afin de bien établir le caractère de chacun. Il fait de même avec les congénères de son âge car dès le bac à sable, les enfants se scrutent naturellement pour déterminer avec qui ils ont envie de jouer. Observez-les bien ! Dans les parcs de jeux, il y a beaucoup à apprendre sur les rapports humains !

Par exemple, souvenez-vous du dernier entretien que vous avez dû passer. La personne chargée du recrutement vous a analysé :

22 par le biais de votre parcours et votre façon de communiquer

22 mais aussi sur votre look, votre attitude et vos gestes.

Mais dans ce bureau, elle n’était pas la seule à observer.

Vous aussi vous avez inspecté son apparence extérieure. Puis, vous vous êtes concentré sur :

22 l’intonation de sa voix,

22 sur les expressions de son visage afin de déceler son humeur et ses éventuels acquiescements,

22 sur sa façon de vous regarder et de rentrer en interaction avec vous.

Et pendant ce temps là, partout dans le monde, les peuples se sondent mutuellement. C’est un fait !

Toutefois, vous avez dressé le profil de votre interlocuteur, non pas pour harmoniser la communication, mais dans le but de vous rassurer.

A chacun de nos échanges, nous analysons automatiquement autrui avec des motivations différentes.

Ainsi, vous l’avez compris, le « profilage psychologique » est universel et s’active de manière inconsciente.

Il est possible d’utiliser cette méthode de façon intentionnelle. Pour cela, nous devons avoir conscience ce ce qui se passe à notre insu dans les méandres de notre esprit.

 

« Tu ne rentreras point dans la tête du tueur »

Dans le milieu de la criminologie, il y a un vieil adage qui dit :

« Quand tu regardes au fond de l’abysse, l’abysse aussi regarde au fond de toi » (Friedrich Nietzsche)

Un avertissement de taille qui tend à être vigilant avec ce type d’action. Et pourtant ! Ne pas accéder à l’esprit de l’autre nous rends plus vulnérables qu’il n’y paraît… Ne pas comprendre ce qui se passe dans sa tête équivaut à réduire la justesse de notre analyse de plus de 50% !

Dans mon métier, pour dresser le profil susceptible de correspondre à l’auteur d’une infraction, il faut comprendre ce qui motive son acte. Durant un temps donné, il faut donc raisonner comme lui, se mettre à sa place. L’exercice est d’autant plus périlleux que l’individu n’est pas « visible ». Il existe, caché quelque part, ne prenant forme qu’à travers une ébauche psychologique.

Cette aptitude qui est valable en criminologie l’est d’autant plus dans notre vie quotidienne, notamment lorsque nous dialoguons avec les autres.

Vous l’avez compris, il ne s’agit donc pas de rentrer dans la tête de la personne, mais plutôt de la ressentir et de s’imprégner de ses mots, de sa voix, de ses gestes ou de ses faits.

Le lieu doit être propice à une écoute attentive et bienveillante. Puis, afin d’établir le profil le plus juste possible, vous devez être exempt de tout jugement concernant la personne ou le groupe de gens qui se trouve face à vous.

Par conséquent, pour bien commencer à étudier vos interlocuteurs, vous ne devrez chercher à les analyser intentionnellement… sous aucun prétexte.

 

« Tu méditeras sur les compétences incroyables de ton cerveau »

Rappelez-vous : « vous avez la faculté d’analyser vos compatriotes en moins de… 2 secondes. »

Et c’est réellement ainsi que cela fonctionne ! Lorsque nous évoluons dans un espace public, notre cerveau n’a besoin que de quelques fractions de secondes pour se faire une opinion sur un(e) inconnu(e). Celui-ci classe les différentes données qu’il perçoit et les diffuse ensuite à notre conscience.

Vous allez vite comprendre :

Vous êtes dans le métro. Un inconnu s’installe devant vous. Vous savez que vous n’aurez aucune interaction avec cet individu, mais cela n’empêche pas votre cerveau de prendre tous les éléments qui s’offrent à lui afin de les analyser mécaniquement. Les informations qu’il vous fournit vous permettent d’établir un jugement dont le but est de mesurer :

22 si cette personne est digne de confiance

22 si elle à l’air sympathique ou antipathique, etc…

 

Pour cela, votre cerveau se concentre :

22 sur le visage de la personne

22 son regard

22 son attitude générale

22 son apparence

Ces données sont synthétisées tellement vite (moins de 2 secondes), que notre raison n’est informée que dans un second temps. D’où l’automatisme de nos analyses.

Bien sûr, il se passe exactement la même chose face aux gens que nous connaissons. Avant même d’amorcer la conversation, nous nous concentrons davantage sur les traits de leur visage afin de débusquer leur état d’esprit.

La prochaine fois, méditez sur les actions de votre cerveau lorsque qu’un inconnu se placera devant vous ou lorsque vous apercevrez l’une de vos connaissances. Vous prendrez ainsi conscience du pouvoir incroyable dont vous fait bénéficier l’intérieur de votre crâne !!! Et cela vous permettra également de mieux contrôler vos observations à venir…

Cependant, notez bien que nos appréciations ne sont pas forcément exactes !

A présent, je vous propose de rentrer dans le vif du sujet afin de découvrir, ensemble, comment « profiler » correctement les gens qui vous entourent.

 

« Tu ressentiras les émotions de ton prochain »

Et cette faculté porte un nom bien connu : l’empathie.

35Empathie : capacité à se mettre à la place de l’autre et de ressentir ses sentiments et ses émotions (les publications du Québec)

Cette particularité est souvent citée sans toutefois être exploitée comme il le faudrait. L’empathie est pourtant un outil précieux pour votre « profilage conscient » à venir. Bien sûr, certaines personnes sont plus empathiques que d’autres, mais sachez qu’il est tout à fait possible de développer cette capacité émotionnelle.

Que ce soit lors :

22 d’un entretien

22 d’une vente

22 d’une explication

22 d’un conflit

22 d’une audition…

dès le début de la conversation, vous devez lâcher prise et être en accord avec vous-même afin d’accepter d’être d’une neutralité absolue, y compris si vous êtes en opposition avec votre contact.

22 Votre regard se pose sur l’interlocuteur en faisant attention que celui-ci ne soit pas insistant.

22 Vous vous concentrez sur les mots prononcés et sur l’attitude de la personne. Vous ne jugez rien et vous ne l’interrompez pas ! Si vous souhaitez rebondir sur un fait que vous craignez d’oublier, notez-le. Vous y reviendrez par la suite.

22 Ne cherchez pas à savoir quelle attitude vous projetez. En agissant ainsi, vous ne serez concentré que sur vous-même et votre écoute active s’en trouvera fortement perturbée.

22 Tout en écoutant les propos de votre interlocuteur, soyez attentif au timbre de sa voix, à l’ouverture et à la fermeture de sa gestuelle et à son visage.

Durant ce moment d’échange, dans lequel vous n’intervenez pas, vous êtes beaucoup plus réceptif à ce que ressent la personne qui vous fait face. De plus, remarquez que c’est bien vous qui avez pris le contrôle : vous avez décidé de ne pas juger l’autre mais de vous en imprégner. Bien sûr, pendant les premières secondes, votre cerveau a enregistré des données dans votre inconscient. Il vous fournira ces dernières dans un second temps et vous pourrez alors comparer :

22 les informations liées à l’instinct

22 ce que vous avez pu ressentir consciemment grâce à l’empathie

Cette phase de comparaison se fait soit pendant la conversation, soit plus tard.

A suivre…

 

Cet article participe à l’évènement inter-blogueurs “Rapports humains” organisé par le blog Copywriting Pratique.

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4 Responses

  1. Bonjour Sylvia

    J’ai aimé ce que j’ai lu … mais j’ai aimé surtout découvrir un blog qui ne touche pas mes centres d’intérêts … même si je suis une inconditiionnelle des séries télévisées !

    J’ai aimé que soit abordée le thème de l’empathie et je me réjouis de lire la suite.

    A bientôt.

  2. Bonjour Sylvia, je suis fasciné comme pour deux disciplines différentes certaines lois peuvent être les mêmes. Bien que, moi dans une ligne de la psychothérapeutique méditative et toi dans la criminologie nous ayons tout deux à attraper quelque chose, nos disciplines ont l’air différente, mais peut être pas tant que cela. Je suis intéressé si tu développais l’empathie en rapport à la personne à arrêter. Je ne connais absolument pas le sujet, mais j’imagine qu’un homme en cavale ou en escalade dans une destruction, puisse avoir un désir inconscient d’être arrêté car, tout simplement, ce n’est pas viable et sa biologie le sait. L’empathie peut ainsi jouer subtilement. Mais je délire peut être ?
    Sinon, c’est évident pour moi qu’en deux minutes, notre biologie a tout capté de l’autre, si ce n’est pas conscientisé, c’est que nous serions alors obligés de dépasser nos propres fermetures inconscientes, et c’est dans ce sens que les abysses regardent l’un et l’autre, puisqu’elles nous composent, et que l’un et l’autre en ont peur.
    Vaste sujet et j’aime ta façon de le traiter. Merci.
    Je lirai la suite – si tu veux tu peux aller lire mon article : “Bonjour, premier mot du rapport humain – merci le deuxième et merde le troisième.

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