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Cet individu froid et insensible, celui que l’on croit reconnaître autour de soi, souvent à tort…
Ces psychopathes qui obtiennent tout ce qu’ils veulent et qui ne se sentent coupables de rien…
Finalement, sont-ils heureux ?

 

La ballade des gens heureux

Je me souviens de ce jeune manager qui se pensait trop émotif. Il avait demandé à me rencontrer pour avoir des conseils sur un « changement » de comportement. Au bout d’un petit moment de discussion, il m’indique ne plus vouloir ressentir ses propres émotions, ni celles des autres. « J’aimerais penser comme un psychopathe. Pouvez-vous m’aider? »

C’était la première fois que je me trouvais confrontée à une telle demande. Bien sûr, cela était impossible. On ne modifie pas un comportement empathique en un comportement psychopathique. Et c’est tant mieux.

Finalement, il s’avère que beaucoup de gens pensent que les psychopathes ont sûrement une vie simple car ils ne s’embarrassent pas avec les exigences de la société.

Après tout, avec leur charme superficiel, ils manipulent efficacement leur entourage. Ils n’hésitent pas à mentir pour obtenir ce qu’ils veulent et leur manque d’empathie bloque le ressenti d’une quelconque culpabilité. C’est pourquoi beaucoup se disent que les psychopathes peuvent être heureux car ils sont concentrés principalement sur leurs propres besoins en ignorant ceux des autres.

Dans la vie, nous avons tous besoin d’entretenir de bonnes relations avec les autres. Le plus important étant la qualité relationnelle et non la quantité de relations : c’est cela qui va contribuer à notre bien-être. Les connexions du psychopathe ont une forte tendance à être superficielles de par leur côté instable et hostile. Il ne souhaite pas tisser des liens avec les autres, sauf pour servir ses propres intérêts.

 

Psychopathes heureux ou malheureux ? 

Ici, nous nous attarderons sur le psychopathe performant et non sur le tueur sanguinaire. Car rappelons-le : tous les tueurs ne sont pas psychopathes ! Et les psychopathes ne sont pas tous des tueurs.

Afin de définir si les psychopathes sont heureux ou malheureux, une *étude a été mise en place afin d’évaluer les composantes de bien-être (émotions positives, bonheur, satisfaction générale) et du mal-être (émotions négatives et dépression). Le Professeur Mark Holder et la doctorante Ashley Love ont réalisé cette évaluation chez plus de 400 étudiants de premier cycle. Lors de ce test, ils ont également évalué leur niveau psychopathique.

L’étude révèle que plus le niveau psychopathique est élevé, plus les composantes du mal-être sont importantes. Ainsi, cela indiquerait un diagnostic plutôt sombre soulignant le fait que les psychopathes ne sont généralement pas des gens heureux.

Une seconde étude a ensuite été réalisée afin de définir ce qui contribue au malheur des psychopathes. Celle-ci montre que ce sont les relations sociales et sentimentales qui sont problématiques. Les hommes et les femmes ayant un niveau plus élevé de psychopathie ne semblent pas satisfaits de leurs relations avec les autres. La notion « d’engagement » est moindre et ils manquent clairement de confiance envers les gens qui les entourent.

Cette mauvaise qualité relationnelle, tant sociale que sentimentale, expliquerait la faible portée d’émotions positives et de satisfaction dans la vie en général. Tout comme une haute portée vers les émotions dites négatives et la dépression.

En dehors de cette étude, les psychopathes sont néanmoins capables de ressentir une satisfaction personnelle lorsqu’ils atteignent un but convoité. Mais celle-ci serait de courte durée. Concernant leur insatisfaction relationnelle, cela peut s’expliquer par le « ressenti » qu’ils ont des autres : les gens les ennuient vite lorsque ces derniers ne leur sont pas, ou plus, utiles. Ils éprouvent du mépris et instrumentalisent les personnes qui les entourent.

La façon de penser du psychopathe lui est propre : tout est autocentré ! D’où l’impossibilité de se remettre en question. Ainsi, ce sera forcément la faute des autres si ses projets ne fonctionnent pas comme il le souhaite ou si ses relations sont pauvres. Les émotions positives qu’il peut éprouver tournent autour de ce qui lui fait plaisir. Les émotions négatives tournent autour de ce qui lui fait du tort. Il n’y a pas d’introspection, ni pour s’analyser lui-même et encore moins pour comprendre son entourage. Il vit ce qu’il a à vivre, et c’est tout !

Alors peut-être que les psychopathes se sentent finalement très seuls car ils souffrent de manques psychiques qui leur permettraient de mieux cerner une situation, notamment émotionnelle.

Pour clôturer cet article, je vous propose cette petite infographie qui vous donnera d’autres informations sur la psychopathie.

A bientôt autour d’un nouveau sujet !

www.sylviabreger.fr

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* Étude réalisée par le professeur Mark Holder de l’université de la Colombie-Britannique & la Doctorante Ashley Love | “Psychopathie et bien-être. Personnalité et différences individuelles” (2014)  | “La qualité de la relation amoureuse peut-elle médier la relation entre psychopathie et bien-être subjectif ?” Journal of Happiness Studies (2016)

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Sylvia Bréger
Sylvia Bréger est criminologue. Durant 11 ans, elle a également été correspondante scientifique auprès de la Gendarmerie Nationale (SCRC - Service Central du Renseignement Criminel, Pontoise)

Avec plus d'une cinquantaine d'interventions par an auprès de différentes institutions privées et publiques, les participants sont formés à la criminologie, au langage non verbal, à la détection du mensonge et sur l'art d'observer et de mieux comprendre les autres.

Sylvia Bréger collabore avec les entreprises et le système judiciaire à travers des conférences, des formations, des débats et du consulting.