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Le sujet du jour est un thème sensible, soigneusement caché aux tréfonds du tabou. Pourtant il est essentiel d’en parler afin de mieux protéger nos jeunes citoyens de demain. Le prédateur d’enfants peut être n’importe qui : un membre de la famille, un professionnel de l’éducation, un entraîneur sportif, un prêtre, quelqu’un de l’entourage proche… Il n’est pas possible de surveiller notre enfant soi-même 24 heures sur 24, il est donc du devoir de chacun, parents et professionnels, de jouer un rôle actif dans la sensibilisation et la protection de nos enfants.


Prendre conscience et… dialoguer

Il n’est pas possible de dresser des statistiques précises sur le profil principal d’un prédateur d’enfants. Les typologies sont diverses même si nous retrouvons des liens comportementaux qui les unissent. Sans sombrer dans la paranoïa, il faut déjà prendre conscience que le prédateur peut être n’importe qui, notamment quelqu’un en qui nous avons une entière confiance !

puce Notre première responsabilité consiste à créer un environnement propice à la confidence. Il est essentiel d’expliquer à l’enfant, dès son plus jeune âge, que si il rencontre un problème quel qu’il soit avec un jeune de son âge (ou plus jeune), un plus grand ou un adulte, il peut venir nous en parler. Il ne sera ni grondé, ni puni ! Apprenons-lui à communiquer ses sentiments positifs (joie, bien-être…) et ses sentiments négatifs (peur, gêne…)

puce Nous devons travailler notre observation et différencier ses attitudes lorsque tout va bien et lorsqu’il exprime un malaise. Décoder le non verbal de l’enfant nécessite de passer du temps avec lui, de communiquer en face à face afin de mieux cerner ce qu’il ne nous dit pas.

puce Pour mieux sensibiliser l’enfant, il faut s’informer soi-même sur les différents comportements adoptés par les prédateurs. Connaître leurs façons de penser et leurs modes d’approches des victimes permet de mieux maîtriser le sujet, de mieux alerter les jeunes mais aussi de mieux identifier un éventuel prédateur. Pour comprendre les modes opératoires de ces individus, que ce soit dans la vie de tous les jours ou sur internet, je vous conseille quelques lectures, film et conférence sur le sujet :

10“La pédophilie ou les maux d’enfants”Acheter le livre

10“Un enfant à la fois : protéger nos enfants des cyberprédateurs”Acheter le livre

10Film “Trust” – Acheter le DVD ou le Blu-Ray

10Conférence “Expliquer la pédophilie : attitude à adopter et signalement” (sur Paris et la région parisienne) – En savoir plus


Avertir l’enfant ET l’adolescent

La prévention du corps de l’enfant peut commencer lorsqu’il est tout jeune, vers 3 ou 4 ans. En tant que parents, il est primordial d’en discuter calmement, pourquoi pas sous forme de jeux, sans faire naître la peur ou une méfiance extrême. Cette prévention doit d’abord venir de nous-mêmes. En France, il ne faut pas vraiment compter sur les établissements scolaires dont la plupart refusent catégoriquement d’organiser ce type d’intervention. Notre association CriminoNET se heurte à cette problématique depuis des années.

Ainsi, nous devons parler ou continuer d’informer sur la pédophilie et les agressions avec les pré-adolescents et les adolescents. Concernant le repérage d’un éventuel abus sexuel ou autre maltraitance, il faut s’interroger sur les traces visibles sur le corps : ecchymoses, fractures, brûlures, cicatrices, traces de strangulation, bleus, plaies ouvertes, blessures et pertes anales et vaginales… Mais il faut également surveiller tout changement de comportement.

En ce qui concerne les adolescents, ces derniers adoptent souvent des conduites étranges, avec des humeurs très changeantes. Cela est tout à fait normal mais ce n’est pas pour autant qu’il ne faut pas observer ce qui se passe. Bien sûr, il peut arriver que nous nous fassions une fausse idée de la situation, c’est pour cela qu’il faut communiquer efficacement avec l’enfant et l’adolescent. Car il n’y a pas un comportement “type” révélant un abus sexuel, mais différentes variétés de réactions que nous nous devons de savoir repérer.

Pour cela, je vous ai préparé un dossier spécial ci-dessous afin de vous aider, parents mais aussi professionnels de l’enfance, à observer efficacement et à réagir rapidement. Vous y trouverez des conseils mais aussi des consignes que vous pourrez travailler avec vos enfants, un guide pour faire un signalement, des livres et une charte spéciale pour les petits ! Je vous invite à diffuser cet outil gratuit autour de vous, car la prévention est l’affaire de tous !

Bonne lecture !

Prédateurs d'enfants

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Crédits photos © A.Otge – "Protégé" – Flickr.com

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Sylvia Bréger
Sylvia Bréger est criminologue et correspondante scientifique auprès de la Gendarmerie Nationale (SCRC - Service Central du Renseignement Criminel, Pontoise)

Avec plus d'une cinquantaine d'interventions par an auprès de différentes institutions privées et publiques, les participants sont formés à la criminologie, au langage non verbal, à la détection du mensonge et sur l'art d'observer et de mieux comprendre les autres.

Sylvia Bréger collabore avec les entreprises et le système judiciaire à travers des conférences, des formations, des débats et du consulting.