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La lecture du langage non verbal sert à mieux comprendre les autres et à  communiquer de façon plus harmonieuse. Mais par le biais de notre gestuelle, nous pouvons passer des messages instinctivement identifiés par ceux qui nous entourent. Ainsi, le non verbal s’avère être également très important au niveau de la sécurité.

Notre rôle, en tant qu’adultes, est de protéger nos propres enfants mais également ceux qui nous entourent. Mais lorsque ces derniers sont victimes d’actes malveillants, ils sont généralement isolés et ne savent pas toujours quoi faire. En tant que parents, professionnels ou citoyens, voici quelques comportements sécuritaires et attitudes simples mais efficaces, que vous pourrez leur apprendre !


1. Faire confiance à l’enfant

Dans les conseils que vous allez donner, il ne s’agit pas d’alerter uniquement que sur l’inconnu qui attire les jeunes avec des friandises. Premièrement, les modes opératoires utilisés sont très persuasifs et deuxièmement, la plupart des agressions sont commises par des attaquants connus de l’enfant (famille, école, etc…) Ainsi, il faut présenter des techniques de protection contre l’agresseur inconnu et l’agresseur familier.

82 N’utilisez pas des descriptifs imagés comme : “le vilain monsieur” ; “… si un monsieur malade dans sa tête”… Préférez parler d’individus, hommes / femmes et jeunes / adultes. L’agresseur et son éventuel complice peuvent être n’importe qui !

83 Choisissez un moment opportun pour sensibiliser votre enfant. Idéalement, un soir après dîner ou mieux, durant le week-end.

84 Si le sujet vous gêne pour des raisons qui vous sont personnelles, faites-le faire par quelqu’un de confiance. L’enfant sentira votre angoisse et si un jour il devait arriver quelque chose, il ne viendrait peut-être pas vous en parler pour ne pas vous inquiéter.

85 Ayez confiance en votre enfant et amenez-le à avoir de la conviction en lui !

La base d’un comportement sécuritaire est avant tout l’estime de soi. Accompagnez-le à son rythme – répondez à toutes ses questions – expliquez-lui que sa sécurité est plus importante que l’embarras qu’il pourrait éprouver en réagissant – et surtout, valorisez-le durant les exercices d’entraînement…

 

2. Maîtriser son environnement

Avant de parler du non verbal, apprenez à l’enfant à contrôler son environnement :

55 Demandez-lui où se trouvent les endroits où il pourrait être en sécurité.

56 Si il devait rencontrer un problème en dehors de chez lui, apprenez-lui à se diriger vers les lieux qui représentent la sécurité et où il ne sera plus isolé : groupe de gens, magasins, transports, etc…

57 Terminez chaque séance par un jeu : sur plusieurs bouts de papier, notez différentes situations que l’enfant choisira au hasard. Posez ce type de question :

FlechesDroite32x32-008à cet endroit, es-tu en sécurité ou tu n’es-tu pas en sécurité ? “ – Laissez l’enfant répondre en faisant en sorte qu’il donne le plus de détails possibles.

FlechesDroite32x32-008 dans cette situation, es-tu seul ou es-tu accompagné ? “ – (ex : Tu es avec tes parents dans un magasin et ils te tiennent la main – Tu es avec tes parents dans un magasin et ils parlent avec des amis. Il ne te tiennent pas la main – Tu passes par un parc qui n’est pas très bien éclairé et il n’y a personne…). Développez les réponses avec lui.

 

3. Ne pas être choisi comme victime !

Une grande majorité des agresseurs qui commettent des infractions comme le vol, le racket, l’intimidation ou des agressions sexuelles, expliquent qu’ils choisissent des victimes isolées, mais également des personnes qui leur semblent vulnérables à cause de leur attitude corporelle. Aussi incroyable que celui puisse paraître, notre façon de marcher et de regarder peut changer la perception que les autres ont de nous.

Lorsque notre corps prend de la hauteur et que nos épaules sont détendues, nous donnons l’apparence d’être en confiance et assurés dans notre démarche, et donc, une personne qui semble beaucoup moins vulnérable que celle dont le corps et la tête s’enfoncent dans le sol. Expliquez cela à votre enfant.

Maintenant, demandez lui de corriger votre attitude corporelle :

28 Rentrez dans la pièce : vos mains sont dans vos poches – votre tête est baissée – vos yeux sont fixés au sol et vous  ne regardez pas devant vous – vous faites des petits pas…

FlechesDroite32x32-008 Ai-je l’air sûr de moi ? “  Votre enfant donne sa réponse et corrige votre attitude jusqu’à ce que votre tête se lève, que votre regard balaie tranquillement l’horizon et que votre démarche soit alerte et confiante.

29 C’est au tour de votre enfant : l’ensemble de son corps s’enfonce dans le sol comme ci-dessus.

FlechesDroite32x32-008Comment te sens-tu dans cette attitude ? Es-tu sûr de toi ?

30 Dites à votre enfant d’arrêter de marcher. Demandez-lui de lever sa tête et de prendre une grande inspiration : ses épaules se relaxent, sa démarche devient plus sûre et son regard se pose sur les personnes qui sont dans son environnement. Surtout, pas de regard intense et insistant !

Bien sûr, tout personne victime d’une agression n’est en rien responsable de cet acte. Le seul coupable est et restera l’agresseur !

 

4. La distance de sécurité

Savoir poser des limites claires tout en restant calme va déjouer le conflit. Une technique simple et qui est décryptée instinctivement par l’attaquant reste la distance de sécurité. Elle peut être utilisée :

FlechesDroite32x32-012 si un autre jeune cherche la bagarre – quelqu’un qui importune, etc… Cette attitude sécuritaire peut être utile à l’enfant, à l’adolescent mais aussi à l’adulte.

73 Jouez le rôle d’un inconnu. Placez-vous devant votre enfant. Pouvez-vous le toucher ? Si oui, il doit reculer.

Le message envoyé est clair : “Je me méfie de toi…”. Si la personne est malveillante, elle comprendra automatiquement cette attitude et se dira que l’enfant est prudent et donc, ne semble pas être une victime potentielle.

74 Continuez le jeu. Votre enfant a fait un premier espace de sécurité, mais vous vous avancez de nouveau tout en lui parlant. Ce dernier, va devoir recréer sa distance. Guidez-le jusqu’à ce que l’espace crée ne permette pas à l’adulte de toucher l’enfant. Une bonne distance de sécurité varie de 2 à 3 mètres.

75 Si l’adulte insiste et casse cette seconde distance de sécurité, l’enfant recule de nouveau en plaçant sa ou ses mains devant lui, comme pour dire “STOP”

Expliquez-lui bien que si la personne lui fait vraiment peur, il doit s’en aller et se rendre vers un endroit où il sera en sécurité.

 

5. Venir se confier…

Le dialogue est sans nul doute la priorité n°1. N’ayez jamais honte de dire et de répéter cette phrase toute simple mais ô combien efficace à vos enfants :

FlechesDroite32x32-008 Si jamais tu vois quelque chose qui te met mal à l’aise ou qui te fait peur, que ce soit dans la rue ou sur internet, viens m’en parler. Je ne te gronderai pas et tu ne sera pas puni car ce n’est pas de ta faute. Et si jamais quelqu’un, un jeune de ton âge, plus petit ou un adulte, que tu connais ou non, te dis ou te fait quelque chose que tu n’aimes pas, ou te propose des cadeaux en échanges de choses qui te gênent, surtout, viens m’en parler. Je suis là pour te protéger…”

Puis terminez en lui disant :

FlechesDroite32x32-008Qu’est-ce qui est le plus important dans une situation à risque : l’embarras que tu ressens ?  La peur de déranger ? Ou ta sécurité ?”

L’enfant répond : “Ma sécurité ! “

Et incitez-le de nouveau à venir se confier à vous mais également aux adultes de confiance de son école.

Pour finir, voici une prévention effectuée par CriminoNET, notre association, qui propose des sensibilisations d’une demi-journée sur ces techniques de protection (Paris /RP)

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Crédit photo

© « Boys Making Stop » – Tiverylucky

Crédit vidéo

© « Les maternelles » – Reportage de Sonia Crozier pour France 5

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Sylvia Bréger

Sylvia Bréger est criminologue et correspondante scientifique auprès de la Gendarmerie Nationale (SCRC – Service Central du Renseignement Criminel, Pontoise)


Avec plus d’une centaine d’interventions par an auprès de différentes institutions privées et publiques, les participants sont formés à la criminologie, au langage non verbal, à la détection du mensonge et sur l’art d’observer et de mieux comprendre les autres.


Sylvia Bréger collabore avec les entreprises et le système judiciaire à travers des conférences, des formations, des débats et du consulting.