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Leur façon d’agir fait froid dans le dos mais suggère aussi une certaine “fascination”. Souvenons-nous que leur pathologie a donné naissance à de nombreux livres et films sur le sujet, essayant de comprendre leurs motivations mais également leur personnalité. Et qui sait, nous avons tous, peut-être, au moins un psychopathe dans notre entourage !


Psychopathe non violent et psychopathe criminel

Dans un premier temps, il convient de resituer la définition du psychopathe.

La psychopathie dénote un état mental pathologique dont les problématiques sont surtout caractérielles. Cela entraîne donc des conduites “antisociales”. Les psychopathes ont un goût très prononcé pour le risque et agissent avec une grande impulsivité doublée d’une absence de peur. Ce sont des individus instables dont le comportement fait souffrir l’entourage. Ils ont souvent des démêlés avec la justice.

Comme cela était indiqué dans l’introduction, il peut arriver que nous ayons une personnalité psychopathique dans notre relationnel professionnel ou même personnel. Toutefois, attention : afin d’établir qu’une personne est psychopathe, il faut une batterie de tests qui, eux seuls, peuvent valider un tel diagnostic !

Le psychopathe non violent n’est pas un meurtrier sanguinaire. Il évolue parmi nous et peut même travailler dans les hautes sphères hiérarchiques de grandes entreprises ou de la politique. Ses tendances psychopathes se manifestent par un profond narcissisme, une habilité au mensonge, ainsi qu’une grande carence d’empathie et de culpabilité. Il est aussi dépourvu de toute conscience morale. Hormis cela, ces psychopathes non violents sont civilisés si ce n’est qu’ils ne pensent uniquement qu’à leurs propres besoins. Pour cela, ils n’hésitent pas à manipuler les autres pour parvenir à leur fin.

En présence de ce type de personnalité, nous sentons que quelque chose ne va pas, mais il est difficile d’en trouver la cause, du moins au départ. Il est également très compliqué de sortir d’une relation quelle qu’elle soit avec un psychopathe. Mais ces individus n’utilisent pas la violence sur les autres. Ils sont “subtils” dans leur façon de manœuvrer leurs semblables. Mais ils sont aussi capables d’entrer dans de grandes colères lorsque les choses ne leur conviennent pas. En fait, ils exigent tout des autres mais ne donneront rien d’eux-mêmes. Ils s’estiment trop supérieurs pour cela. Les psychopathes non violents peuvent néanmoins être des délinquants en cols blancs car ils sont attirés par le monde des affaires. Sans moralité, ils n’auront aucun mal à utiliser la tromperie et la manipulation sans que cela n’ait de quelconques conséquences dans leur esprit…

Le psychopathe criminel peut, lui aussi, se mélanger à ses semblables, à moins que d’autres troubles de la personnalité ne laissent entrevoir sa dangerosité. Mais ne mélangeons pas tout : les meurtriers ne sont pas tous des psychopathes. Il en va de même pour les personnes très narcissiques. Le psychopathe violent ne se préoccupe pas des besoins des autres. Seuls les siens comptent. Il sait donner l’illusion d’avoir une vie normale et il a pleinement conscience de cette simulation et donc de sa différence avec les autres. Nous pouvons même dire que cela le stimule. Il n’est pas empathique et, par conséquence, il ne peut ressentir la culpabilité, la honte, ou la peur. Il n’existe donc aucune contrainte morale qui viendra le freiner dans ses projets meurtriers.

Les psychopathes violents et non violents sont des “prédateurs sociaux” : ils mettent en place différents stratagèmes pour piéger leurs proies. A la différence du premier, le psychopathe violent utilise l’agression qui peut mener au meurtre dans les crimes d’argent, sexuels et seriels. Le psychopathe estime toujours que c’est la faute de la victime, il dénie sa responsabilité dans les passages à l’acte et légitime ses agressions/crimes. Il est dans l’incapacité de refreiner ses pulsions.


Les psychopathes ont-ils accès aux émotions ?

C’est une question fondamentale qui permettrait de mieux cerner le comportement psychopathe. De nombreux tests ont démontré que les psychopathes sont incapables de comprendre les expressions d’un visage montrant de la tristesse ou de la souffrance. La neurologie a prouvé qu’il y avait un problème de connexion entre le cortex préfrontal ventromédian (qui gère l’empathie et la culpabilité) et l’amygdale (qui a en charge la peur et l’anxiété)

Pourtant, les psychopathes arrivent à exprimer les émotions primaires dès que cela peut servir leurs intérêts ou lorsque cela leur ai demandé durant un test. Ainsi, ils savent reproduire, mais la problématique demeure dans le ressenti et la compréhension de cette émotion. Ce serait à partir de là que la connexion ne s’établirait pas. Dès lors, cette inaccessibilité émotionnelle expliquerait en partie l’absence de frein du passage à l’acte.

Certains psychopathes criminels qui ont relaté leurs crimes ont toutefois pu identifier l’émotion de la peur qu’ils avaient vu chez leurs victimes. C’est une expression qu’ils semblent percevoir chez les autres et qui apporterait même de l’excitation dans leurs infractions. En revanche, ces psychopathes disent ne pas ressentir cette émotion en eux et c’est cette absence de peur qui les entraînerait dans une criminalité toujours plus violente. Ainsi, ils comprennent que leur victime souffre ou a peur mais l’absence partielle ou totale d’empathie annule toute réflexion et toute culpabilité qui empêcherait normalement la situation de dévier. Malgré tout, il serait illusoire de penser que le psychopathe ne ressent pas d’émotions. Celles qu’il ressent lui sont probablement propres, uniquement pour répondre à un “sentiment” personnel et présentes pour alimenter un désir immédiat.

Quant au langage non verbal des psychopathes, ces derniers savent faire preuve d’un grand sang-froid et pour eux, le mensonge est une seconde nature. Ils sont donc bien préparés, et ce naturellement ! Mais il ne faut pas croire pour autant que le psychopathe n’exprime rien durant un entretien. Son corps traduit ses pensées, souligne ses envies et peut même manifester des incongruences entre son verbal et son non verbal. Tout dépendra de son degré de psychopathie ! Plus sa pathologie est importante, plus grand sera le contrôle sur les paroles et le “paraître”. Le visage, lui, reste plus inflexible au niveau des muscles. Mais le charme superficiel du psychopathe peut s’activer et il peut ainsi imiter des expressions qui lui permettront d’atteindre son objectif. Le sourire peut être utiliser dans le but de manipuler ou pour cacher quelque chose. Ces sourires sont d’ailleurs rarement sincères. Ils sont là pour masquer une situation. Cependant, l’expression de la colère peut être facilement visible car réellement ressentie.

Et vous ? Pensez-vous que dans les années à venir, il risque d’y avoir de plus en plus de d’individus au comportement psychopathe ?

Si vous souhaitez aller plus loin sur ce sujet passionnant, je vous laisse visualiser cette petite vidéo et vous pourrez également vous procurer le dossier “Le fonctionnement psychologique des psychopathes” !

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Crédits photos © « The Darkest side of Vincent Londez » Gilles GUERRAZFlickr.com

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Sylvia Bréger
Sylvia Bréger est criminologue et correspondante scientifique auprès de la Gendarmerie Nationale (SCRC - Service Central du Renseignement Criminel, Pontoise)

Avec plus d'une centaine d'interventions par an auprès de différentes institutions privées et publiques, les participants sont formés à la criminologie, au langage non verbal, à la détection du mensonge et sur l'art d'observer et de mieux comprendre les autres.

Sylvia Bréger collabore avec les entreprises et le système judiciaire à travers des conférences, des formations, des débats et du consulting.