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S’intéresser à la lecture du langage non verbal est un excellent début. Mais il convient alors de savoir certaines choses à son sujet. La première étant que la gestuelle est victime de nombreuses idées qui, avec du temps et de l’analyse, se sont avérées soit fausses, soit pas si automatiques que cela. Tenez-vous à l’écart de ces bouquins qui prétendent vous apprendre à lire les gens comme des « livres ouverts ». L’être humain est complexe. Son décodage l’est tout autant.

Donc lire quelqu’un comme « un livre », cela n’existe pas.

Voici quelques mises au point pour bien démarrer votre apprentissage dans ce domaine.


Un geste seul n’a pas de signification réelle

C’est pourquoi vous devez impérativement vous méfier de ces fameux “dictionnaires” des gestes ! Ils sont truffés d’idées reçues qui vont vous induire en erreur. En premier lieu, tout part d’un contexte. C’est donc la première chose qu’il faut analyser. Il faut ensuite prendre en compte la personnalité de l’individu et la relation que la personne a avec l’interlocuteur. Vous comprendrez qu’avant d’observer les gestes de quelqu’un, il faut surtout sonder l’environnement, c’est-à-dire ce qui est extérieur à la personne que vous souhaitez décoder. Alors ne vous hâtez pas lorsque vous voyez un geste sortir du corps de votre contact. Il faut plusieurs indices non verbaux pour établir une analyse comportementale sérieuse et juste.


Se concentrer uniquement sur l’autre : mauvaise idée !

Tout d’abord, c’est le contexte, et lui seul, qui peut expliquer telle ou telle attitude non verbale.

Vous avez certainement vécu cette situation : un ami vient envahir votre territoire qui est votre espace personnel. Cela peut provoquer une excitation soit positive, soit négative. Tout dépendra du contexte. Si le contexte est positif, l’excitation le sera aussi. En revanche, si vous êtes en froid avec cette personne et que celle-ci s’étale dans votre bulle personnelle, cet envahissement peut entraîner une excitation négative, c’est-à-dire du rejet, de la colère ou de la peur. Notre gestuelle est toujours motivée par le contexte d’une situation.


Les expressions faciales ont un caractère universel, mais…

De nombreuses études ont montré que les expressions faciales de base comme la joie, la tristesse, la colère, le dégoût, la surprise et la peur, se manifestent de la même manière et ce, dans toutes les cultures. Un visage heureux est repérable pour à peu près tout le monde. Mais là où le problème réside c’est de savoir distinguer une vraie d’une fausse émotion. Les expressions peuvent bien sûr être feintes. Cela s’apprend ! Ne serait-ce que pour différencier un vrai d’un faux sourire.


Croire que tout le monde est pareil : quelle erreur !

Nous sommes tous uniques. Tous différents dans notre manière de réagir, de ressentir et d’observer. Et il existe aussi des différences individuelles dans notre façon de communiquer à travers notre verbal et notre non verbal. Tout comme il existe aussi des différences dans notre façon de lire et de décoder les autres. Cela est lié en grande partie à notre intelligence émotionnelle.


La détection du mensonge à travers le non verbal : presque impossible

Cette croyance a la dent dure. Dire que l’on peut repérer si une personne ment grâce à son langage non verbal est un leurre. Il existe des idées toutes faites comme celle où le menteur ne regarde jamais son interlocuteur dans les yeux lorsqu’il ment. Que des gestes nerveux sont un indicateur de tromperie… Autant d’erreurs sur lesquelles il faut mettre un bémol. Oui, il est très difficile de détecter le mensonge avec précision en lisant le langage corporel de quelqu’un.

Chacun a sa façon de réagir et les signaux qui s’échappent ne sont pas forcément liés à la dissimulation. Certaines personnes peuvent avoir l’air coupables alors qu’elles ne le sont pas. Elles ont juste peur et sont nerveuses à l’idée que les autres ne les croient pas. Une autre peut avoir l’air sincère, alors que cela n’est pas le cas. Nous en revenons à l’analyse du contexte de la situation. S’il est négatif, des gestes de malaise seront probablement visibles. Gestes très souvent reliés au contexte ou bien encore à la personne qui pose les questions. L’environnement dans lequel l’individu se trouve a aussi toute son importance et peut jouer sur son non verbal.

En fait, la détection du mensonge a plus de « fiabilité » à travers le verbal.

Vous voyez, il existe de nombreuses façons d’interpréter chaque geste mais le fait est qu’il faut prendre en considération :
– le contexte
– l’environnement
– la baseline de la personne (son état naturel)
– le comportement corporel
– le langage verbal

Ci-dessous, une infographie reprenant 7 citations sur le langage non verbal. Et vous, quelle serait la vôtre ?
A bientôt !

Langage non verbal

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Sylvia Bréger
Sylvia Bréger est criminologue. Durant 11 ans, elle a également été correspondante scientifique auprès de la Gendarmerie Nationale (SCRC - Service Central du Renseignement Criminel, Pontoise)

Avec plus d'une cinquantaine d'interventions par an auprès de différentes institutions privées et publiques, les participants sont formés à la criminologie, au langage non verbal, à la détection du mensonge et sur l'art d'observer et de mieux comprendre les autres.

Sylvia Bréger collabore avec les entreprises et le système judiciaire à travers des conférences, des formations, des débats et du consulting.