PNL “On ne peut pas ne pas communiquer”

Ces outils de communication utilisés dans le domaine de la « psychologie » visent à développer le comportement de chacun et à améliorer la façon de communiquer avec les autres.

Employées dans les thérapies, le coaching, le marketing et le management, ces pratiques, parfois contreversées, se font souvent dans le cadre d’un apprentissage sur la communication stratégique. La qualité relationnelle pour mieux vivre, mieux vendre, mieux diriger et mieux communiquer !

Dans un premier temps, l’article se concentre sur l’approche de chacun de ces programmes puis la vidéo explique comment est utilisée l’analyse du langage non verbal dans la PNL, l’analyse transactionnelle, le mentalisme et la synergologie.

 

LE PROGRAMME NEURO-LINGUISTIQUE (PNL)

La PNL regroupe différentes techniques de développement personnel afin de mettre en place une meilleure communication avec autrui et perfectionner son propre comportement.

Communément appelé PNL, cette désignation se base sur trois composantes dont les définitions sont les suivantes :

 

Programmation : depuis notre enfance, nous assimilons des expériences dont nous tirons un enseignement individuel. Tout ce que nous ressentons est enregistré et nous permet de nous adapter aux évènements de la vie et aux gens qui nous entourent. Ces enregistrements actionnent notre façon d’agir et deviennent des automatismes.

Neuro : la programmation en elle-même se base sur notre activité neurologique. C’est par son intermédiaire que l’enregistrement de nos programmes est archivé dans notre cerveau. Durant les séances de PNL, certains de ses utilisateurs se servent de ces techniques pour construire, restructurer ou désactiver des programmes inadaptés.

Linguistique : nos programmations se révèlent à travers nos mots (le verbal) et nos gestes (le non verbal). Ce langage est l’expression de notre pensée.

Mise au point dans les années 70, la PNL a été créée à partir des travaux de psychothérapeutes comme Virginia Satir, Milton Erickson et Fritz Perls.

 

Les objectifs de la PNL

La programmation neuro-linguistique vise une orientation de résultats. Très prisée dans l’univers de l’entreprise, les techniques utilisées s’inscrivent plutôt dans l’apprentissage de la  « manipulation » afin d’amener l’interlocuteur sur le terrain qui nous intéresse. La formation des commerciaux cible ce type d’enseignement pour booster leurs méthodes de vente. En observant leurs clients, les vendeurs peuvent mieux détecter un comportement intéressé ou réfractaire et établir un argument qui mènera à l’objectif initial.

Les recruteurs sont également initiés à la PNL pour mieux identifier la personnalité des candidats, les managers peuvent y trouver leur intérêt pour mieux gérer une équipe afin d’être bien compris par celle-ci, et les communiquants s’en servent pour mieux captiver leurs auditoires.

Mais nous retrouvons également la PNL dans les thérapies dites « brèves » où le patient et son thérapeute trouvent un objectif commun dont la première analyse est d’identifier la problématique qui empêche la réalisation de ce but. Outre les méthodes de visualisation et de représentations symboliques, la PNL utilise aussi l’hypnose Ericksonienne où le patient se retrouve dans un état de relaxation qui lui permet un retour en lui-même et dont la technique est orientée « solutions ».

 

Les limites de la PNL

La définition de la programmation neuro-linguistique est relativement imprécise car sa diversité est grande. Comme toute théorie de ce genre, cela entraîne un certain nombre de questionnements sur son exploitation.

La base linguistique de la PNL est souvent employée par des pseudo-spécialistes qui s’en servent pour établir un but psychothérapeutique. Certains d’entre eux n’hésitent pas à s’intituler « psychothérapeutes » ou « Maître praticien » de la PNL alors qu’ils n’ont aucun parcours universitaire ou formation adaptée à l’utilisation de la psychologie, mais ont tout juste été formés à cette pratique durant un séminaire de quelques jours ou plusieurs semaines. Mal pratiquée, cette programmation ne saurait être bénéfique. Dans le pire des cas, non seulement cela n’apporte rien au patient, mais entraîne une progression de la problématique, une perte de confiance en soi et une perte d’argent car la séance à un coût ! Ne laissons pas de côté non plus les groupuscules sectaires qui manient avec art les méthodologies de la PNL !

De plus, l’analyse d’un comportement n’est pas uniforme : avoir telle pensée ou faire tel geste ne signifie pas que l’on puisse rentrer une personne dans une case comportementale. Il est également dangereux de généraliser des attitudes et d’affirmer que nos programmations ne sont pas modifiables. Nos expériences permettent différentes adaptations qui peuvent nous mener au changement.

Notons aussi que la personnalité des uns et des autres n’étant jamais la même, les théories d’influence sur autrui ne font pas nécessairement effet sur tout le monde, loin de là ! Il faut savoir adapter son discours en fonction du caractère de l’interlocuteur et ne pas se baser sur des formules uniques.



L’ANALYSE TRANSACTIONNELLE (AT)

« Prise de conscience pour une meilleure compréhension de ce qui se joue ici et maintenant entre deux ou plusieurs personnes »

Cette méthode est utilisée dans les secteurs de la vente, de la communication, du management et de la négociation. Apparue elle aussi durant les années 70, l’AT permet d’identifier trois types de personnalités grâce auxquelles nous pouvons orienter nos propos. Elle se concentre sur ce qui se passe dans l’instant entre soi et nos interlocuteurs. Ces trois personnalités se distinguent de la sorte :

Personnalité « Parent » : représente notre côté critique, nos valeurs et nos principes. C’est le « moi appris » sur le modèle parental. Il existe deux sous-catégories : « parent critique » et « parent aidant »
Personnalité « Adulte » : représente notre rationalité et notre neutralité. C’est le  « moi expérimental » qui s’actionne sur le moment présent.
Personnalité « Enfant » : représente notre affect, nos émotions et nos besoins. C’est le « moi senti » hérité de l’enfance. Il existe trois sous-catégories : « enfant spontané », « enfant rebelle » ou « enfant soumis ».

Sur une échelle de 20, nous devons idéalement être autour de 10 en personnalité adulte, 5 en personnalité parent et 5 en personnalité enfant.

En observant la structure de chaque étape du « moi » d’une personne, l’usage de l’analyse transactionnelle peut révéler des déséquilibres entre ces personnalités. Par exemple, si notre personnalité « Parent » est plus élevée que les deux autres, cela révèle un esprit trop critique, une rigueur envers soi et les autres qui peut empêcher toute satisfaction. Si cette même personnalité est trop basse, l’estime de soi est négative et si nous dénotons une personnalité « Enfant » trop élevée, cela souligne un manque de maturité. Concernant une prise de pouvoir de la personnalité « Adulte », le comportement est trop axé sur la prudence et la réflexion.

L’analyse transactionnelle établit son mécanisme à partir d’un échange entre deux personnes. Les « personnalités » ne sont pas figées, elles dépendent de l’état à partir duquel nous nous exprimons. Une communication réussie dépendra également de la personnalité à laquelle nous croyons nous adresser et de la personnalité réelle de celui ou celle qui nous répond.

L’AT établit qu’un échange parallèle ne va pas créer de conflit. Ex : une personnalité « Enfant » qui s’adresse à une personnalité « Parent » et le « Parent » qui répond à « l’Enfant »

En revanche, une communication croisée fait survenir un malaise, voire une opposition. Ex : une personnalité « Adulte » pense s’adresser à une autre personnalité « Adulte » en lui demandant de lui remettre un dossier à la fin de la semaine. A cet instant, l’état d’esprit de son interlocuteur se sentant pris en faute car n’ayant pas encore commencé ce dossier, va apporter une réponse avec une personnalité « Enfant » réclamant plus de temps à son collaborateur qu’il croit être en personnalité « Parent ». Le schéma ci-dessous montre la divergence du discours :

Les objectifs de l’analyse transactionnelle
Nous l’avons vu, cet outil de communication est employé dans un grand nombre de secteurs (conseils, management, éducation, psychothérapies, éducation…) et dont le but initial est de prendre conscience et de maîtriser les principales composantes de la personnalité.

C’est par cette compréhension de l’échange en fonction des personnalités en face desquelles nous nous trouvons que s’offriront à nous différentes façons de communiquer avec autrui afin d’harmoniser le dialogue.

L’analyse transactionnelle vise à apprendre à sélectionner ces différents modes de communication en prenant en compte la situation présente ainsi que l’interlocuteur. Cet apprentissage permet donc de comprendre la dynamique des relations interpersonnelles en vue de nuancer et d’orienter notre communication.

 

Les limites de l’analyse transactionnelle
Comme toutes ces méthodes de communication, il faut rester vigilant lorsque de telles thoéries sont vendues comme étant la réponse à tous nos problèmes personnels et professionnels. Tout comme la PNL, cet outil n’est pas validé scientifiquement et se trouve même fortement contesté dans le milieu de la recherche.

Bien que l’AT offre plusieurs moyens de communication basés sur des approches qui ont su faire leurs preuves dans de nombreux cas, il est encore important de souligner la mise en garde contre des pseudo-professionnels de la question qui peuvent se voir ouvrir les portes d’une entreprise, d’un centre de formation ou d’un particulier, pour véhiculer des messages dont l’issue pourrait être alarmante si ces derniers sont mal enseignés.

De plus, en 2006, Miviludes (Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les Dérives Sectaires) informe : « qu’il est indispensable d’alerter le public, une nouvelle fois, sur les dangers qu’une pratique inappropriée de l’Analyse Transactionnelle est susceptible d’engendrer, ce que viennent, hélas, confirmer les témoignages de victimes. Les récits de ces personnes illustrent les dérapages commis en application d’une doctrine et au moyen de pratiques qui qualifient la dérive sectaire. »

Source : http://www.miviludes.gouv.fr/



LE MENTALISME

« Utilisation de l’acuité mentale, de l’hypnose et/ou de la suggestion. Maîtrise de la manipulation mentale et du comportement »

Le mentalisme est le nouveau terme à la mode, plus connu sous le nom de Patrick Jane de la série « Mentaliste ». Il s’agit donc d’un spécialiste qui étudie et observe le mental humain à travers les ressources sensorielles et extra-sensorielles.

Nous avons tous vu un de ces illusionnistes qui utilise des astuces et autres tromperies afin de nous révéler se qui se passe dans nos esprits. Mais le mentaliste qui nous intéresse dans ce billet, est celui qui arrive à faire croire qu’il a la capacité de lire ce que nous pensons alors qu’il ne fait que décrypter notre comportement à travers différentes informations que nous transmettons via notre verbal et notre non verbal. Ici, pas de trucages ou autres arnaques, mais de l’observation et de l’analyse.

Il existerait une cinquantaine de « vrais » mentalistes dans le monde. Les plus connus sont le Docteur Ralph Monserrat, le Docteur D.Wilson et Pascal de Clermont.

 

Les objectifs du mentalisme
Nous serions facilement tentés de cataloguer le mentaliste dans la rubrique « Médium », mais ce dernier semble autant sollicité par les entreprises que par les particuliers, notamment dans le cadre de formations sur le recrutement, la communication et la négociation…

Le mentaliste proposent ses capacités mentales :

pour le développement personnel
pour détecter le mensonge
pour du conseil auprès de personnalités
pour de la psychologie cognitive
pour du recrutement
pour des séances de coaching
pour lutter contre les sectes grâce à leurs connaissances du paranormal
pour des conférences mais aussi lors de démonstrations ou de spectacles.

Les mentalistes indiquent également travailler pour la police et la gendarmerie pour retrouver des personnes disparues. A ce titre, je n’ai eu aucun retour des services publics sur cette éventualité.

Notons aussi que le mentaliste se sert de différentes techniques, comme, entre autre, la PNL, l’analyse transactionnelle et l’hypnose.

 

Les limites du mentalisme
Donner l’illusion de facultés paranormales afin de lire les pensées des autres reste du domaine du music-hall. Pour le reste, il convient de s’interroger sur la définition même du mentalisme et sur ses différentes alternatives qui vont du coaching personnel au recrutement/formation d’entreprise, en passant par l’initiation des « médiums » (sérieux et sincères !!!) à cette discipline… De plus, il serait intéressant de savoir comment les mentalistes se présentent face à leur auditoire : thérapeutes ? Voyants ? Autres appellations ? Nous pouvons également imaginer une fois de plus que les dérives sectaires doivent utiliser ce nouveau modèle de persuasion afin de parfaire leurs discours sur leurs idéologies.

 

LA SYNERGOLOGIE

« La synergologie offre un lexique corporel complet qui permet de lire tous les gestes de chaque interlocuteur et d’évaluer chaque attitude »

Cette discipline est axée sur la lecture du langage corporel qui, suite à ce décodage, permet de mieux appréhender les réactions et émotions des autres. C’est en 1980 que Philippe Turchet, le créateur de la synergologie, travaille sur les micromouvements du visage et la signification de la gestuelle.

La méthodologie de cet outil vise à établir plusieurs points à travers l’observation du langage corporel :

– Est-ce que les propos de mon interlocuteur sont en adéquation avec son non verbal ?
– Quel est le niveau de confiance de la personne qui se trouve face à moi ?
– Suis-je réellement écouté(e) ?

A la différence de la PNL qui vise plus une communication « orientée » afin d’obtenir un résultat souhaité, la synergologie cherche davantage à mieux comprendre l’interlocuteur à travers sa gestuelle dans le but d’équilibrer l’échange.

Le synergologue est un titre qui s’obtient avec un enseignement qui s’effectue sur trois ans avec des évaluations obligatoires.

 

Les objectifs de la synergologie

Nous l’avons vu, l’intention de cette discipline s’applique à évaluer la communication non verbale dont l’objectif est d’optimiser la relation avec une personne ou avec un groupe.

Pour cela, les synergologues prennent en compte des séries « d’items » pour analyser ce qu’ils voient, c’est-à-dire qu’ils évaluent plusieurs mouvements et/ou expressions pour valider ce qui est observé. Certains synergologues m’ont dit qu’ils prennent en considération le contexte d’une situation, d’autres pas. La synergologie établit le fait qu’il n’est pas utile de connaître le contexte pour repérer telle ou telle émotion. Il est vrai que si nous coupons le son, nous pouvons facilement deviner l’état d’esprit de celui qui communique ou qui écoute, toutefois, à titre personnel, je ne suis pas totalement d’accord avec cette théorie. Reconnaître une situation de joie ou de colère est repérable, y compris sans avoir connaissance du contexte, néanmoins, des erreurs sont possibles si nous ignorons les données complètes de cette situation.

Mais pour en revenir aux objectifs de la synergologie, ces derniers s’orientent vers :

le développement de l’observation
le repérage des non-dits
l’enclenchement d’un dialogue constructif
la compréhension des émotions réelles ou cachées
la détection du mensonge

 

Les limites de la synergologie
Basée sur les travaux de Philippe Turchet, créateur de la synergologie, cette discipline se base aussi sur d’autres théories fondées notamment sur la PNL. L’intérêt de la synergologie résulte dans le fait qu’elle va plus loin dans son analyse et que cette dernière ne reste pas figée. Le non verbal aime à raconter que se gratter le nez revient à mentir. La synergologie ne s’en tient pas à ce simple constat : elle analyse les autres items qui viennent affirmer ou infirmer cette observation et désigne plusieurs significations au « grattage » de nez !

Toutefois, la synergologie est relativement nouvelle en France et bien que celle-ci se targue de former les gens au non verbal pour mieux communiquer, il n’en reste pas moins que les formations en synergologie propose aussi, et surtout, le contrôle de l’autre (repérer les mauvais gestes, détecter le mensonge, etc…). Cela peut s’avérer utile dans certains corps de métiers comme la sécurité, les services d’enquête et les ressources humaines, mais l’enseignement de la synergologie reste accessible à tout le monde.

Encore méconnue dans son apprentissage, son raisonnement et dans sa pratique, n’importe qui peut s’intituler « synergologue » ! Bien que la synergologie se base sur une formation qui s’étale sur 3 ans (2 jours x 15 sur les trois années) et qui débouche sur un diplôme qui valide les compétences du candidat, il n’en reste pas moins qu’il faut rester vigilant et s’assurer que la personne a bien un vrai certificat en la matière et qu’elle fait partie de l’association de synergologie. De plus, il est toujours intéressant de connaître l’expérience d’un « professionnel du non verbal » avant de lui ouvrir les portes de son entreprise ou de pousser celle de son cabinet !

Et cela reste valable pour toute nouvelle (ou ancienne) tendance de ce genre !

 

VIDEO SUR LE NON VERBAL ET LES OUTILS DE COMMUNICATION

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Sylvia Bréger
Sylvia Bréger est criminologue et correspondante scientifique auprès de la Gendarmerie Nationale (SCRC - Service Central du Renseignement Criminel, Pontoise)

Avec plus d'une centaine d'interventions par an auprès de différentes institutions privées et publiques, les participants sont formés à la criminologie, au langage non verbal, à la détection du mensonge et sur l'art d'observer et de mieux comprendre les autres.

Sylvia Bréger collabore avec les entreprises et le système judiciaire à travers des conférences, des formations, des débats et du consulting.