Terrorism

Depuis les attentats du vendredi 13 novembre 2015, il est évident que la France, tout comme d’autres pays, va devoir accepter l’idée qu’une guerre s’installe sur notre territoire et aux alentours de celui-ci.

Mais qu’en est-il de l’ennemi extrémiste ? Qui est-il et comment fonctionne-t-il ?


Quelle que soit son appartenance à un groupe djihadiste radical, le terroriste alimente sa soif d’extermination en justifiant la violence et le meurtre par ce qui n’est rien d’autre qu’une haine farouche du monde « extérieur ».

C’est ce qui lie les radicalistes les uns aux autres. Les autres justificatifs ne sont que des prétextes pour motiver le passage à l’acte.

Mais l’ennemi est plus complexe qu’il n’y paraît car les attaquants n’ont aucune limite morale dans leur avancée meurtrière.

Doté d’une idéologie inflexible, les grands regroupements terroristes sont parfaitement organisés et ils n’attaquent pas au hasard. Tout est planifié :

10 Alimentation financière des groupes

10 Recrutement et tests sur les futurs terroristes

10 Expérimentation et entraînement quotidien

10 Étude des lieux ciblés

10 Organisation puis mise en place des attaques

Concernant les profils, ces derniers varient : les jeunes désœuvrés sont souvent mis en avant car ce sont généralement eux qui commettent les attentats. Fragilisés par une vie qui ne leur convient plus, les recruteurs les repèrent et les manipulent jusqu’à l’endoctrinement. Ces jeunes peuvent aussi demander eux-mêmes à intégrer ces groupes extrémistes, souvent par le biais d’internet qui les influence négativement. Toutefois, nous trouvons aussi des profils d’individus très bien instruits et parfaitement insérés dans la société, et ce, à tous les niveaux de l’organisation.

Mais afin de passer à l’acte sur un maximum de victimes sans en éprouver le moindre remord, ces groupes radicaux ordonnent un travail de sape sur leurs recrues :

10 Une propagande minutieusement préparée et inlassablement répétée aux adeptes, notamment par voie numérique

10 Un confinement du futur terroriste où la base réside dans cette explication : tout individu qui ne pense pas comme le groupe est une menace dont il faut s’éloigner

10 L’éloignement de la recrue vis-à-vis de son entourage qui permet au groupe d’actionner les tests et les entraînements de façon intensive

10 L’utilisation de drogues

10 Préparation physique et psychologique à l’attentat

Outre la manipulation sur des recrues vulnérables, les groupes extrémistes recherchent, mais aussi attirent, des individus avec des traits de caractère liés à la psychopathie. Les terroristes ne doivent ressentir aucune compassion pour leurs victimes, ni éprouver de culpabilité, de gêne ou une quelconque empathie. C’est ce qu’il ressort des profils psychopathes. Contrairement aux recrues vulnérables qui sont animés via la perdition par une colère profonde accentuée par les chefs terroristes, le psychopathe lui, n’est pas vraiment animé par les émotions telles que nous les connaissons. Il n’éprouve pas la peur, ou très peu, et ne ressent pas de stress réel. Cependant, il n’a pas une bonne opinion de la société qui l’entoure ; il s’estime bien supérieur à elle ! Tuer des innocents ne lui posera pas de problème de conscience car les regrets ne sont pas ressentis. Pas plus que d’assassiner les propres membres de sa famille…

Ainsi, la personnalité psychopathe au sens « médical » intéresse les groupes terroristes. Ils sont probablement moins longs à former et peuvent engendrer un très grand nombre de victimes.

Notons également que lorsque les recrues reviennent vers l’entourage, ils ne doivent plus éveiller les soupçons des autres citoyens et encore moins des enquêteurs. L’apparence doit être modifiée afin de ne pas voir de signes de radicalisation, le discours est contrôlé ! La surveillance des terroristes fait que tout doit essayer de se jouer dans la discrétion avant les actes terroristes.

L’adversaire est donc organisé ce qui fait de lui un ennemi dangereux pour lequel il faudra redoubler de vigilance !

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Sylvia Bréger
Sylvia Bréger est criminologue et correspondante scientifique auprès de la Gendarmerie Nationale (SCRC - Service Central du Renseignement Criminel, Pontoise)

Avec plus d'une cinquantaine d'interventions par an auprès de différentes institutions privées et publiques, les participants sont formés à la criminologie, au langage non verbal, à la détection du mensonge et sur l'art d'observer et de mieux comprendre les autres.

Sylvia Bréger collabore avec les entreprises et le système judiciaire à travers des conférences, des formations, des débats et du consulting.