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Nous en avons déjà parlé sur ce blog, le visage est la partie du corps sur laquelle nous nous concentrons le plus, notamment pour saisir les émotions qui s’affichent dessus. Lors de mes conférences sur le langage non verbal, il n’est pas rare que le public s’interroge avec le plus vif intérêt sur les micro-expressions. Comment pouvons-nous les percevoir et quelle est l’importance que nous devons leur accorder ? Ce sera la réflexion de cet article…

Qu’est-ce qu’une micro-expression ?

Il s’agit d’une expression faciale qui dure moins d’une seconde (entre 1/15 et 1/25ème de secondes.) L’apparition et la disparition de celle-ci sont donc tellement rapides qu’il est extrêmement complexe de l’observer à l’œil nu. Ces micro-expressions s’activent lorsque les émotions sont cachées et intentionnellement dissimulées. Elles sont également appelées “fuites faciales” et peuvent révéler des sentiments réprimés.

Si une micro-expression peut être intéressante dans la détection du mensonge, reste encore la délicate mission de la repérer sans pour autant passer à côté d’un autre élément non verbal. Ainsi, concentrer son observation uniquement sur un visage est risqué. L’idéal est d’avoir une vue d’ensemble de nos interlocuteurs pour mieux définir leur état d’esprit !

Avant tout, il convient de ne pas porter toute notre attention sur le décryptage des gens qui nous entourent. Ecouter et regarder sont les bases d’une bonne communication. Si un geste et une expression faciale doivent nous sauter aux yeux, nous les verrons et c’est alors qu’il sera utile de les prendre en considération.


Comment lire un visage ?

Chaque muscle qui compose notre visage crée une expression. Pour en comprendre sa teneur, il ne faut pas regarder l’ensemble de la figure mais chacune de ses zones :

Front – Sourcils – Yeux – Nez – Bouche – Menton

Par exemple, lorsque l’interlocuteur éprouve un sentiment d’inconfort ou de désaccord,  l’intérêt d’une expression n’est pas de connaître sa vitesse d’exécution mais d’observer :

  • les muscles en action
  • une asymétrie éventuelle
  • un blocage des paupières
  • la contraction du front
  • le froissement du nez, comme le signe du dégoût
  • la compression de la bouche
  • une mâchoire crispée
  • les clignements des yeux
  • les microdémangeaisons du visage…

Dans les situations de stress, la répétition de ces comportements non verbaux s’active et ces derniers peuvent devenir de plus en plus rapides. Toutefois, notez bien que les indices faciaux ne sont pas nécessairement reliés au mensonge. Ils sont surtout révélateurs d’un problème émotionnel lié à l’inconfort d’une situation et il convient donc d’en rechercher la cause lorsque cela s’avère nécessaire.


Faut-il s’attarder sur les micro-expressions ?

Quand la situation le requiert, il faut s’appliquer à porter son attention sur l’ensemble du corps, du visage et de la voix. Repérer une micro-expression nécessite de regarder intensément son interlocuteur : cela peut s’avérer dérangeant pour lui et harassant pour nous. La concentration sera telle que finalement elle ne portera que sur l’éventuelle apparition de cette expression ultra rapide, à peine perceptible et qui ne se manifestera peut-être pas.

Il me semble plus judicieux de ne pas chercher à “étudier” la personne qui se trouve en face de nous. Nous devons tout d’abord l’écouter, comprendre ses besoins ou son récit, puis observer la cohérence ou l’incohérence entre ce qui est dit et montré. Ainsi, nous pourrons percevoir plus sereinement les indices éventuels. N’oublions pas que le langage corporel transmet constamment des informations qui peuvent être vitales lors d’une communication…

Et vous ? Comment observez-vous vos interlocuteurs ?

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Crédit photo © « Woman with an expression on her face » StockImages – Freedigitalphotos.net/

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Sylvia Bréger

Sylvia Bréger est criminologue et correspondante scientifique auprès de la Gendarmerie Nationale (SCRC – Service Central du Renseignement Criminel, Pontoise)


Avec plus d’une centaine d’interventions par an auprès de différentes institutions privées et publiques, les participants sont formés à la criminologie, au langage non verbal, à la détection du mensonge et sur l’art d’observer et de mieux comprendre les autres.


Sylvia Bréger collabore avec les entreprises et le système judiciaire à travers des conférences, des formations, des débats et du consulting.