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Cela vous est forcément arrivé : se faire prendre en flagrant délit de mensonge ! Un moment embarrassant, il faut bien le dire… La recherche sur la tromperie a amené les spécialistes de la question à étudier, durant des années durant, tous les indices non verbaux liés au mensonge, ou encore les signaux paralinguistiques afin de mieux détecter les menteurs. Mais peu de recherches ont été menées pour identifier les caractéristiques des bons menteurs. Et ça, c’est bien dommage !!!

 

Que se passe-t-il lorsque nous mentons ?

Mentir déclenche toute une suite de réactions au niveau du corps et de la pensée. Et c’est la panique à bord à partir du moment où l’on se retrouve dans un des cas ci-dessous, voire les trois :

– un individu doit mentir alors qu’il n’est pas habitué à cela
– l’enjeu de ce mensonge est très important
– lorsque l’individu sent la menace de ne pas être cru, augmenter

Plus la pression augmente, plus la capacité de traitement de l’information est compromise. L’activité physiologique s’accélère, ce qui peut provoquer une respiration accrue, une transpiration plus ou moins excessive et une fréquence cardiaque décuplée ! Ces signaux sont souvent classés comme étant une tromperie. Néanmoins, ils ne restent que des indices de nervosité qui peuvent aussi s’expliquer par autre chose, selon le contexte de la situation, l’interlocuteur et sa façon de poser des questions, ou encore le pire : être accusé à tort !!! Bien que cela ne soit pas le sujet de l’article, la précaution est de mise dans la recherche de la vérité. Il n’existe pas de gestes liés au mensonge !!!

Cette agitation interne peut effectivement être visible chez un mauvais menteur. Par contre, il y a peu de chance que nous puissions voir ces avertissements physiologiques chez un bon menteur. Ce dernier sait dissiper cet excès de gêne afin de ne pas attirer l’attention sur sa tromperie.

Ainsi, la surcharge cognitive vient du fait qu’il y a beaucoup à faire lorsque nous racontons une affabulation. Il faut surveiller ce que l’on dit, la manière dont on le dit, ce que l’on ne dit pas, notre comportement corporel, et bien sûr, la logique de l’histoire. Mais il faut également vérifier l’attitude de nos interlocuteurs pour nous assurer que le mensonge n’est pas détecté. Vous l’avez compris, lors d’un mensonge, notre cerveau est totalement engagé. Il est même en surchauffe ! C’est tout cela qui provoque une surcharge cognitive ! Et cette surcharge réduit la capacité d’un menteur à tromper les autres avec succès.

 

Que sait faire un bon menteur ?

Un bon menteur sait contrôler ses émotions. Cette maîtrise nécessite une expérimentation. Un bon menteur est celui qui ment souvent : inventer est une seconde nature. Il a appris à son esprit à jongler avec tout ce qui nécessite de construire un mensonge infaillible. Beaucoup éprouvent même un certain plaisir à manipuler les autres avec leurs tromperies.

Nous avons tous notre propre comportement de base. Toute personne proche de nous le connait bien. Il s’agit donc de notre référence personnelle. Un menteur amène les doutes vers lui lorsque ses proches repèrent que son comportement s’éloigne de sa norme habituelle.

Les comportements inhabituels agissent donc comme un déclencheur de suspicions !!!

Un menteur expérimenté se connaît suffisamment pour réduire les chances d’être pris en flagrant délit de mensonge. Il est fréquent de voir que ce type d’affabulateur montre une réelle confiance en lui, ce qui va dissiper les soupçons. Cette assurance augmente aussi le capital sympathie. Le quotient de crédibilité s’en trouve fortement plus élevé.

Les bons menteurs ont un mode de pensée rapide. Ils rebondissent plus facilement sur des questions inattendues qu’un menteur normal ou inexpérimenté. Mal préparé et n’anticipant pas forcément toutes les interrogations, le menteur traditionnel peut être décontenancé par une question imprévue : son verbal s’en trouve alors désorienté et son visage peut trahir la tromperie.

C’est là que le bon menteur détient sa force : il maîtrise ce mode de pensée rapide car il a de la pratique. Il est performant dans ses mensonges car c’est un individu qui a souvent de grande compétences sociales. Ainsi, les indices verbaux et non verbaux le rendent plus digne de confiance. Notons que ce type d’affabulateur est très motivé à mentir. C’est un manipulateur, soucieux de faire bonne impression.

Et terminons par cette petite note importante à rappeler : les gens sont notoirement peu compétents pour détecter le mensonge, cela ajoute de la complexité à repérer un menteur, surtout si ce dernier est expérimenté !

Je vous laisse découvrir cette petite vidéo sur les menteurs  Winking smile A bientôt !

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Sylvia Bréger
Sylvia Bréger est criminologue. Durant 11 ans, elle a également été correspondante scientifique auprès de la Gendarmerie Nationale (SCRC - Service Central du Renseignement Criminel, Pontoise)

Avec plus d'une cinquantaine d'interventions par an auprès de différentes institutions privées et publiques, les participants sont formés à la criminologie, au langage non verbal, à la détection du mensonge et sur l'art d'observer et de mieux comprendre les autres.

Sylvia Bréger collabore avec les entreprises et le système judiciaire à travers des conférences, des formations, des débats et du consulting.