Femme

Beaucoup de gens sont fascinés par l’univers du crime. Curiosité malsaine ou curiosité humaine ? Vouloir comprendre les motivations d’un meurtre n’est pas immoral en soi. Certains faits divers dépassent l’entendement et l’intrigue pousse à en savoir plus sur ce qui mène à de tels passages à l’acte. Mais il existe aussi une autre catégorie de curiosité : la fascination ! Et celle-ci est bien plus inquiétante, notamment lorsque certaines femmes éprouvent une attirance incontrôlable pour des tueurs en série…

 

Pourquoi ces femmes sont attirées par des tueurs ?

Le terme qui désigne une attirance liée à une excitation sexuelle pour un partenaire criminel et reconnu dangereux est “l’hybristophilie

Plusieurs explications peuvent être données en fonction de la personnalité et du passif de la femme en question. Lorsque le criminel est interpellé, les médias s’emparent de l’affaire. Son parcours est relaté, les faits sont énumérés et le dossier est traité durant plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Cela laisse le temps de s’imprégner, certes d’une façon “virtuelle”, à la personnalité du tueur.

C’est là que plusieurs catégories de femmes peuvent se trouver attirées par ces profils plus ou moins dangereux, selon les actes commis. Car les raisons qui poussent à une telle fascination, sont multiples. En voici quelques exemples :

1. La sauveuse

Ou encore “le syndrome de l’infirmière” ! Cette femme est persuadée qu’elle peut changer le comportement du délinquant. Elle minimise les actes criminels, et parfois même les excluent de la relation ! Elle voit en lui un homme mal compris par la société, qui a eu une enfance malheureuse qui lui a fait perdre toute confiance en lui. Elle croit en la rédemption de cet homme. Mais dans sa forme la plus grave, l’histoire nous a montré que certaines “amoureuses” de ces tueurs, n’arrivaient finalement pas à canaliser leurs pulsions et préféraient soit fermer les yeux sur la continuité des passages à l’acte, soit devenir leur complice. Dans ce cas, la « sauveuse” devient alors une “pathologique” !

Néanmoins, il existe de nombreuses femmes qui tissent des relations avec ce que l’on appelle des “bad boys”, ces garçons qui ont un parcours chaotique, jonché par la petite délinquance… Ici, nous ne sommes pas dans la pathologie mais plutôt dans l’éducation reçue et dont le pardon fait partie de l’apprentissage de la vie.


2. L’amoureuse virtuelle

Ce type de femme n’a pas eu de relations sentimentales très chanceuses. Elle a perdu foi en l’amour et se sent surtout très seule. En entrant en contact avec un criminel et en créant une relation épistolaire (donc virtuelle), elle recherche une relation qui lui semble sûre et contrôlable. Effectivement, l’individu étant en prison, souvent pour un grand nombre d’années, elle ne prend pas de risques. Et surtout, il y a peu de chance pour qu’elle soit rejetée par un tueur qui sera flatté de l’intérêt qu’elle lui porte. Il y a donc deux extrêmes qui se rencontrent pour créer une relation malsaine : une femme mal dans sa peau et un homme à la personnalité déviante. La détresse personnelle peut parfois mener au pire !


3. La pathologique

L’instabilité mentale de ces femmes fait qu’elles prennent fait et cause des actes commis par le criminel. La pathologique est fascinée par le côté ténébreux du tueur et se sent prête à lui consacrer sa vie entière pour le servir. Elle va même jusqu’à nier les crimes qui ont été commis. Et elle ne s’en tiendra pas qu’à la relation épistolaire. Elle demandera à voir le criminel, et, une fois sorti de prison, elle peut se faire épouser par lui. Cette dernière catégorie peut amener la femme à devenir complice. Cela peut être issu d’un choix personnel ou bien cette coopération est demandée par le tueur lui-même. Une manière pour lui de tester l’amour que lui porte sa femme et d’en faire une autre sorte de victime.

Se placer dans une telle situation, peut naturellement amener à se poser des questions sur le vécu de la pathologique. Les cas d’études montrent que certaines d’entre elles ont été victimes de maltraitances physiques et/ou sexuelles, notamment durant leur enfance. Une façon pour ces femmes de reprendre le contrôle sur le mal qui leur a été fait, en s’abandonnant à un homme reconnu pour sa dangerosité.

Il existe aussi une autre forme d’attirance vis-à-vis des tueurs en série : il s’agit de la renommée ! Le nom et le visage du criminel parcourent les médias au point d’en devenir tristement célèbre.  L’intérêt de cette autre catégorie de femme, peut potentiellement être financier. En vivant une relation avec un tueur, elle peut en tirer des bénéfices en revendant des informations ou encore des objets appartenant au meurtrier. Néanmoins, il n’existe que très peu de cas de ce genre.

 

Qu’est-ce qui rend un tueur si attrayant ?

Comme précédemment expliqué, les tueurs en série sont généralement mis en avant à travers les médias. Souvent, ce sont des manipulateurs qui savent montrer une image d’eux charismatique, rusée et confiante. Loin du cliché effrayant de leurs actes.

Pour ces hommes, la notion d’amour vis-à-vis de ces femmes est basée sur une autre attraction qui se fonde davantage sur ce qu’elles ont a leur donner :

  • une sécurité financière
  • un contact avec l’extérieur (lorsqu’ils sont en prison)
  • du dévouement lié à la fascination : cela alimente leur égo
  • un semblant de normalité

Ainsi, peut-on dire que leur amour est mutuel ? Difficile à dire. Mais il est forcement déséquilibré, basé sur des fissures personnelles dont la dynamique est morbide et inévitablement nuisible.

Le syndrome Bonnie and Clyde ou l’hybristophilie peut aussi exister chez les hommes, mais cela est bien plus rare. Peut-être que la réponse réside aussi dans le fait qu’il y a beaucoup moins de femmes dites “tueuses en série”…

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Sylvia Bréger
Sylvia Bréger est criminologue et correspondante scientifique auprès de la Gendarmerie Nationale (SCRC - Service Central du Renseignement Criminel, Pontoise)

Avec plus d'une cinquantaine d'interventions par an auprès de différentes institutions privées et publiques, les participants sont formés à la criminologie, au langage non verbal, à la détection du mensonge et sur l'art d'observer et de mieux comprendre les autres.

Sylvia Bréger collabore avec les entreprises et le système judiciaire à travers des conférences, des formations, des débats et du consulting.