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Le terme “psychopathe” fait généralement penser aux hommes. Il est vrai que de très nombreux exemples cités dans les dossiers criminels, concernent généralement des tueurs masculins. Mais qu’en est-il des femmes ? Peuvent-elles éprouver les mêmes zones d’ombre que leurs homologues hommes ? Peuvent-elles réellement être psychopathes ? Plongeons dans ce thème encore trop mal exploré…

 
Etre ou ne pas être psychopathe

La version masculine du psychopathe est bien plus souvent décrite dans les livres, documentaires ou fictions. Mais les femmes psychopathes le sont nettement moins. Pour autant, cela ne signifie pas qu’elles n’existent pas !

Aux États-Unis, 17% des femmes incarcérées répondraient aux critères de la psychopathie. Les hommes psychopathes seraient de 30%. Néanmoins, l’individu psychopathe n’est pas toujours concerné par l’univers carcéral car ils ne sont pas tous des criminels sanguinaires.

La psychopathie n’est pas si simple à détecter contrairement à ce que l’on peut lire dans les magazines. Cela peut être n’importe qui et, souvent, la personne elle-même ignore qu’elle est psychopathe.

Ce trouble de la personnalité peut se manifester différemment chez un homme et chez une femme. Chez les psychopathes violents, la maltraitance animale peut être un début de détection. Cette violence peut aussi évoluer vers les humains. Chez les psychopathes « performants » non violents, la manipulation quotidienne et le charme superficiel sont généralement les bases de la psychopathie masculine. Mais ils n’ont pas la même violence que les psychopathes criminels. Cette dernière est davantage centrée sur des excès de colère lorsqu’ils n’obtiennent pas ce qu’ils veulent. La violence est donc plutôt « verbale », même s’ils peuvent casser des choses pour être encore plus théâtrales ou bien pour impressionner leurs interlocuteurs.

Et c’est justement parce que cette violence est moins visible chez les psychopathes violents, qu’elle est aussi beaucoup moins détectée chez les femmes.

 

Psychopathie hommes – femmes

Différencions les deux traits les plus communs de la psychopathie. Ce trouble de la personnalité amène les hommes psychopathes à se sentir supérieurs aux autres. Le narcissisme à haute dose est l’un des points qui caractérise ces individus et ils s’en vantent facilement devant tout le monde. Mais ces tendances narcissiques sont moins visibles chez les femmes. C’est intérieurement qu’elles s’estiment bien au-dessus des autres. Souvent, elles ne dévoilent rien en public, mais elles n’en pensent pas moins…

Ensuite, les hommes psychopathes ont une agressivité comportementale qui les amènent à des conduites qui peuvent être menaçantes, violentes, voire criminelles. C’est certainement pourquoi la prison compte plus d’hommes psychopathes que de femmes. Sous cet aspect, les femmes agissent différemment : leur agressivité peut être davantage « relationnelle » ! Elles manipulent l’autre doucement, l’amenant progressivement à douter de lui-même. Elles malmènent la réputation des gens, discrètement. Elles jouent sur la sensibilité et les sentiments de leurs proies. Et si les gens ne vont pas dans leur sens, elles menacent de se faire du mal.

 

Comment gérer une femme psychopathe ?

Pour commencer, la psychopathie doit être évaluée par un professionnel. Car identifier ce trouble nécessite des tests spécifiques. Et nous l’avons vu : les psychopathes, hommes ou femmes, ne sont pas tous des tueurs déchaînés, mais souvent, ce sont des individus performants, non criminels ! Ces derniers ne tuent personne. En revanche, ils bousillent des vies émotionnellement et psychologiquement. Ils nuisent aux autres de façon très progressive.

Mais si vous pensez avoir auprès de vous une personne qui répond aux critères de la psychopathie, vous ne pourrez malheureusement rien faire pour changer son attitude vis-à-vis de vous.

Ces personnes n’ont pas fait le choix d’être psychopathes. Elles le sont, c’est tout ! Leur cerveau gère les émotions et les comportements de manière différente de nous. Le psychopathe perçoit la souffrance des autres, et la souffrance en général, de façon froide et distante. L’IRM le montre bien lors des tests neurologiques : au moment où on lui fait visualiser des clichés douloureux ou difficiles, l’imagerie montre une activité réduite dans l’amygdale, cette zone qui traite nos émotions. Le manque d’empathie fait partie des traits de caractère de base des psychopathes, qu’ils soient violents ou performants.

Alors que faire ? Comme il est impossible de demander à quelqu’un de psychopathe de changer de comportement, la seule option est de se tenir éloigné le plus loin possible de lui ou d’elle. Refusez de rentrer dans son jeu de la séduction et surtout de la soumission. Dites-lui clairement que son attitude n’est pas plaisante à vos yeux et que dorénavant il serait bon qu’il ou elle se tienne loin de vous ou sorte complètement de votre vie.

Bien sûr, cela ne plaira pas à votre interlocuteur. N’oubliez pas qu’il ne raisonne pas comme vous. Mais restez ferme dans votre décision. Ne revenez jamais en arrière. Ne cherchez pas à lui trouver des excuses : le ou la psychopathe s’en servira pour vous ramener à lui/elle.

Et si tout ce que vous avez essayé de faire ne fonctionne pas, alors faites la seule chose qu’il reste : fuyez !

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Sylvia Bréger
Sylvia Bréger est criminologue. Durant 11 ans, elle a également été correspondante scientifique auprès de la Gendarmerie Nationale (SCRC - Service Central du Renseignement Criminel, Pontoise)

Avec plus d'une cinquantaine d'interventions par an auprès de différentes institutions privées et publiques, les participants sont formés à la criminologie, au langage non verbal, à la détection du mensonge et sur l'art d'observer et de mieux comprendre les autres.

Sylvia Bréger collabore avec les entreprises et le système judiciaire à travers des conférences, des formations, des débats et du consulting.