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Il n’est pas rare qu’un enfant nous terrorise sur l’instant, à cause d’une crise ou de ce qu’il est en train de faire. Puis tout revient à la normale. Mais il y a des parents qui vivent dans la terreur permanente de ce que leur enfant pourrait être capable de faire aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du domicile familial. Alors qui sont ces jeunes qui intimident leurs propres parents et que faut-il faire pour aider les deux parties à s’en sortir ?

 

L’enfant tyrannique

    • Votre enfant est-il toujours dans l’opposition avec vous ?
    • Votre enfant fait-il régulièrement du chantage ?
    • Craignez-vous ses colères ?

Si vous répondez “oui” à ces interrogations, votre enfant pourrait être un “tyrannique”.

Il s’agit certainement de la personnalité la plus compliquée à gérer chez un mineur. Il est toujours dans l’opposition. S’il comprend que ses parents veulent être fermes avec lui, il fait du chantage. Il pique des colères épouvantables qui ne s’arrêtent que si l’on abdique face à ses caprices.

L’enfant tyrannique est dans la provocation quasi-constante, dans l’impatience et l’impulsivité. Il faut vivre selon ses propres conditions et il refuse qu’une quelconque autorité viennent le remettre sur le droit chemin. Ce sont des enfants intelligents qui ont l’apparence d’être très confiants. Ils peuvent débattre avec les adultes indéfiniment, en imposant le fait que seuls leurs arguments sont vrais et recevables.

L’enfant tyrannique veut avoir raison même si, pour cela, il doit blesser les autres, y compris ses parents. Si l’on ne cède pas à ses argumentations, il harcèlera celui ou celle qui lui tient tête afin que la personne se soumette à son obstination.

En réalité, il a été constaté que ces jeunes se sentent sous-estimés et ont peur d’être abandonnés. Même si le rapport parental est attentionné et sécurisant, la bienveillance qu’ils reçoivent est rarement suffisante à leurs yeux.

L’enfant tyrannique cache son insécurité sous la provocation. Cette défiance continuelle lui donne l’illusion temporaire d’avoir une identité forte alors qu’en vrai il ressent tout le contraire. Pour se sentir plus puissant, il va donc défier les autres. Si l’affrontement est impossible, il ne peut alors plus assurer cette posture de pouvoir.

 

Que peut-on faire avec un enfant tyrannique ?

La défiance n’est pas forcément négative. Qu’un enfant puisse avoir ses propres opinions est une bonne chose et l’aidera à se construire et à se définir en tant qu’individu adulte à venir.

Ce type d’enfant a beaucoup d’énergie mais celle-ci est mal focalisée. Il est donc essentiel de la canaliser vers des débouchés positifs et notamment créatifs !

Cela va nécessiter de grands efforts vis-à-vis de cet enfant généralement intimidant. C’est pour cela qu’il faut agir assez vite car plus l’attente est longue, plus il sera complexe d’inverser la tendance. L’enfant provocant qu’il est, va devoir rompre avec ses mauvaises habitudes et en adopter de nouvelles…

 

L’enfant anxieux

    • Votre enfant est-il continuellement dans l’angoisse ?
    • A-t-il besoin d’être réconforté et rassuré quotidiennement ?
    • Ses angoisses vous minent-elles de plus en plus ?

L’enfant anxieux a cette tendance à s’accrocher à ses parents pour être rassuré, puis les repousse une fois qu’il a été réconforté.

Cette attitude aux comportements changeants est épuisante pour les parents. Même si ce type d’enfant est moins agressif et moins défiant que l’enfant tyrannique, il n’en n’est pas moins intense dans le ressenti.

Ces enfants anxieux ont généralement très peur de toutes les situations externes à leur environnement familial. Plus les parents essayent de les rendre autonomes, plus l’anxiété est grande ! Ce sont donc des enfants qui ne grandissent pas sereinement et dont l’angoisse maladive risque de leur faire manquer de nombreuses opportunités dans la vie.

Toutefois, attention de ne pas tout confondre : il est très fréquent que des enfants développent une anxiété spontanée dès l’arrivée de l’adolescence. D’énormes changements psychologiques mais aussi physiques viennent provoquer un véritable sentiment d’insécurité chez les préadolescents. Cela s’avère être une crise normale du développement.

 

Que peut-on faire avec un enfant anxieux ?

Afin de poser un premier diagnostique, il convient de considérer l’âge de l’enfant, son tempérament et ses antécédents familiaux :

– Y a-t-il déjà eu des antécédents d’anxiété grave dans la famille ?
– Avez-vous des problèmes d’anxiété ?
– Votre enfant a-t-il toujours été inquiet ou bien est-ce que cela est apparu soudainement ?

S’il y a déjà des antécédent familiaux, il est probable que l’enfant ait hérité de ce trait. Mais n’oublions pas non plus que l’anxiété se propage facilement : si les parents sont anxieux et qu’il y a des conflits qui en découlent, cela peut produire des enfants angoissés. Pour autant, cela ne signifie pas que rien ne peut être fait. Il faut se questionner aussi sur les changements d’environnement qui pourraient expliquer l’anxiété de l’enfant :

– Les routines familiales ont-elles subies des modifications importantes ? (changement d’école, déménagement, divorce, deuil…)
– L’insécurité et l’angoisse de votre enfant sont elles apparues à un moment précis ?
– Y a-t-il eu un événement traumatisant ?

En répondant à ces questions, vous pourrez mieux comprendre d’où vient son anxiété afin de pouvoir l’aider à la surmonter. Il est important de se faire aussi aider d’un professionnel afin que l’enfant puisse évacuer son stress par le biais de la parole.

 

L’enfant manipulateur

    • Votre enfant ment-il souvent, voire tout le temps ?
    • Vous fait-il du chantage et est-ce qu’il vous menace ?
    • Avez-vous l’impression qu’il sait exploiter vos peurs ?

L’enfant manipulateur utilise des moyens souvent extrêmes pour que ses désirs deviennent réalité ! Et pour cela, il n’hésite pas à exploiter les failles de ses parents, notamment en suscitant le doute sur l’éducation et l’amour que ces derniers lui portent. Ces jeunes manipulateurs sont très attentifs à l’anxiété et à la culpabilité ressenties par leurs parents. Ils sauront donc parfaitement en jouer. Une telle personnalité peut laisser penser que l’enfant cherche à détruire la famille. Ce n’est bien sûr pas le cas !

En fait, cet intimidateur provocant tente de gérer ses propres peurs en contrôlant son entourage.

 

Que peut-on faire avec un enfant manipulateur ?

Dans un premier temps, il faudra faire admettre à l’enfant que son attitude est issue d’une ou de plusieurs insécurités qu’il va devoir identifier et exprimer. Mettre des mots sur ce qui lui fait peur l’aidera à améliorer ses relations familiales et sociales.

Il faudra ensuite observer quel type d’intimidation il utilise : c’est ainsi que l’on comprendra mieux ce qui motive sa manipulation et donc la nature de sa peur. Cela permettra de prendre les mesures nécessaires pour rétablir l’équilibre parents-enfant.

 

Quelques livres sur le sujet…

Afin de développer encore plus ce thème, voici quelques livres qui permettent de mieux comprendre et aider les enfants tyranniques, anxieux et manipulateurs.

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Sylvia Bréger
Sylvia Bréger est criminologue. Durant 11 ans, elle a également été correspondante scientifique auprès de la Gendarmerie Nationale (SCRC - Service Central du Renseignement Criminel, Pontoise)

Avec plus d'une cinquantaine d'interventions par an auprès de différentes institutions privées et publiques, les participants sont formés à la criminologie, au langage non verbal, à la détection du mensonge et sur l'art d'observer et de mieux comprendre les autres.

Sylvia Bréger collabore avec les entreprises et le système judiciaire à travers des conférences, des formations, des débats et du consulting.