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Le cerveau est un sublime mystère que les scientifiques n’ont de cesse d’étudier afin de mieux comprendre ses mécanismes. Chacun y a va de son diagnostic mais c’est la découverte des activités des hémisphères cérébraux qui va changer la donne : selon que l’on utiliserait la partie droite ou gauche de notre cerveau, cela influerait sur notre personnalité et notre non verbal… Mythe ou réalité ?

 

Comparaison des 2 zones de notre cerveau

Voilà ce qui se dit : notre cerveau est divisé en 2 parties. Le cerveau droit a un potentiel créatif qui permet d’imaginer, de créer mais aussi de ressentir. C’est aussi la zone du traitement émotionnel. Le cerveau gauche traite le langage ainsi que tout notre potentiel analytique et logique. Si nous mobilisons une de ces parties plus que l’autre, cela suggérerait que notre personnalité s’oriente soit vers l’artistique et l’émotion, soit vers l’analyse et la rationalité. Bien qu’ils se ressemblent, ces deux hémisphères fonctionnent différemment, mais surtout, de nombreux chercheurs ont démontré que nous n’utilisions pas forcément un hémisphère plus que l’autre !

Les cerveaux des personnes en bonne santé travaillent en étroite collaboration. Mais différents professionnels ont cherché des explications pour étendre l’aspect psychologique dans le développement de soi ou encore, pour résoudre certains problèmes psychiatriques. Donner du sens à nos conflits internes et à ce que l’on considère comme des « faiblesses » comportementales, seraient donc dû à l’une des zones de notre cerveau.

Pourtant, de récentes recherches illustrent la complexité globale de ce domaine.

 

Cerveau droit / Cerveau gauche : la controverse !

Les deux questions qui vont nous intéresser dans cet article, sont les suivantes :

  1. utilisons-nous un hémisphère plus que l’autre et pouvons-nous en développer un au profit de l’autre ?
  2. est-ce que cette notion « droite-gauche » du cerveau a un impact sur notre gestuelle ?

L’explication binaire du cerveau droit et gauche est bien trop restreinte et c’est ignorer la complexité réelle de cet aspect cérébral. Ce serait formidable de pouvoir atteindre le bien-être absolu en développant une partie de notre cerveau et en minimisant la seconde, mais la réalité est que cela est loin d’être aussi simple. Les récentes données scientifiques révèlent qu’il n’y aurait pas d’hémisphère droit ou gauche qui serait dominant puisque les fonctions des deux côtés du cerveau fonctionnent ensemble.

Et si l’hémisphère gauche contrôle effectivement notre parole et la fabrication de ses mots,  l’hémisphère droit joue aussi un rôle dans la compréhension de base de ce qui est entendu, ainsi que dans la perception de l’humour, des métaphores ou encore des changements d’intonation de voix. Les imageries cérébrales ont ainsi démontré que le langage est traité via de nombreux aspects qui sont répartis sur les deux hémisphères. Pour résumer, afin de comprendre ce que l’on nous dit, il faut :

  • analyser la structure des phrases = action généralement gérée par l’hémisphère gauche
  • repérer les changements de tonalité dans la voix = action davantage exécutée par l’hémisphère droit
  • déchiffrer le sens général de ce qui a été dit = accomplit par les deux hémisphères

Il en est de même pour notre perception des objets : le traitement perceptuel se fait aussi par un certain nombre d’éléments répartis sur les deux hémisphères.

Ainsi, cataloguer les gens à partir d’un « cerveau droit » ou « cerveau gauche » s’avère être bien trop réducteur, les zones du cerveau ne fonctionnant pas seules mais plutôt dans un système ou se trouvent plusieurs autres zones cérébrales.

Ce qui entraîne une autre idée, directement issue des hémisphères « droit/gauche », sur le langage non verbal. Ces facteurs cérébraux joueraient un rôle dans notre communication corporelle, selon que nous parlons avec notre partie droite ou gauche.

L’hémisphère gauche contrôle effectivement la partie droite de notre corps. Certains en concluent que le communicant serait dans un discours rationnel, basé sur la logique et la mise à distance des faits qui sont relatés.

L’hémisphère droit gère la partie gauche de notre corps. Dans un tel cas, cela signifierait que le communicant est dans l’émotionnel et la spontanéité.

Lorsque j’étais étudiante, cette idée émergente nous avait été expliquée durant l’une des formations sur la gestuelle, mais restait peu exploitée. Par la suite, de plus en plus d’articles ont fait état de cette communication tantôt émotionnelle, tantôt rationnelle, suivant la partie du corps qui s’exprime.

Dans mes observations professionnelles, je n’utilisais pas vraiment cette technique car d’autres codes non verbaux étaient plus intéressants et surtout plus fiables que cette dernière. Mais depuis presque trois ans, j’ai cherché d’autres lectures sur ce thème, observer ce décodage « droite/gauche » dans les relations de travail et les relations personnelles, puis enfin, procéder à des tests vidéos. Il apparaît que cette théorie est difficilement exploitable dans l’interprétation du non verbal car peu validée dans sa signification.

Toutefois, j’ai pu noter que les personnes qui sont touchées émotionnellement par ce qu’elles disent, voient ou entendent, ont tendance à laisser leur partie gauche s’exprimer davantage que la droite, que ces personnes soient droitières ou gauchères. C’est un constat observé lors des tests et des discussions quotidiennes. Mais cela n’étant pas une attitude revenant de façon constante, il est délicat de l’incorporer comme étant un comportement valide.

Vous l’avez compris, notre cerveau regorge de ressources probablement encore insoupçonnées, mais les récentes preuves scientifiques démontrent que nous utilisons nos deux hémisphères ensemble et non pas de manière isolée.

Afin d’avoir une vue d’ensemble du fonctionnement de notre cerveau, regardez la vidéo ci-dessous!

A bientôt…

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Sylvia Bréger
Sylvia Bréger est criminologue et correspondante scientifique auprès de la Gendarmerie Nationale (SCRC - Service Central du Renseignement Criminel, Pontoise)

Avec plus d'une centaine d'interventions par an auprès de différentes institutions privées et publiques, les participants sont formés à la criminologie, au langage non verbal, à la détection du mensonge et sur l'art d'observer et de mieux comprendre les autres.

Sylvia Bréger collabore avec les entreprises et le système judiciaire à travers des conférences, des formations, des débats et du consulting.