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L’intelligence émotionnelle (IE) est un véritable atout pour nos échanges quotidiens. Ressentir, comprendre, gérer et exprimer nos propres sentiments permet de mieux interagir avec les autres et d’établir des relations saines et sereines. Et la bonne nouvelle dans tout cela, c’est qu’il est tout à fait possible de développer notre coefficient émotionnel. Voici comment…

 

Ne pas s’enfermer dans des émotions négatives

Pour faire évoluer notre intelligence émotionnelle, il convient tout d’abord d’être capable de pouvoir bien se regarder en face, de façon neutre et sans se juger avec une vision négative. Bien se connaître, ou apprendre à se connaître, est la base principale pour démarrer correctement l’exercice.

Afin de travailler sur nous-mêmes, commençons déjà à réunir les pensées négatives que nous pouvons avoir en général. Par exemple, quand nous pensons être défavorisés par rapport à une situation bien précise, comme un ami qui décommande un déjeuner. Dans ce genre de cas, il n’est pas rare que l’on se remette en question en tirant la conclusion que cela est forcément à cause de nous, que la personne a décommandé ce rendez-vous car elle ne souhaite pas nous voir.

Il faut bien comprendre que dans la plupart des cas, les gens qui nous entourent prennent ce genre de décision par rapport à eux et non par rapport à nous ! Un imprévu, un timing chargé… cela peut effectivement amener l’interlocuteur à annuler quelque chose. Il est donc important de ne pas sombrer dans la personnalisation des comportements des autres. Il faut apprendre à se gérer émotionnellement tout en travaillant sur la peur du rejet. Il convient de relativiser ce que l’on ressent contre soi et être plus objectif par rapport à la situation pour laquelle on se croit fautif, souvent à tort !

 

Se contenir dans les situations conflictuelles

Que ce soit dans notre vie personnelle ou professionnelle, nous nous heurtons parfois à des divergences qui peuvent réellement fragiliser notre intelligence émotionnelle ! Nous pouvons être amenés à nous laisser rapidement déborder par des émotions négatives en étant très affectés par le comportement de l’individu en question. Jusqu’au moment où le conflit éclate ! Que ce soit durant une conversation, ou après la réception d’un message, il est plus judicieux de ne pas répondre sans avoir pris un peu de distance. Prendre de longues respirations aide à garder le contrôle afin de ne pas s’emporter. Mais si cela ne suffit pas, il est tout à fait possible d’expliquer à notre interlocuteur que l’on ne préfère pas lui répondre tout de suite, car l’énervement ne ferait qu’envenimer la situation, chose que nous ne souhaitons pas.

Prendre du recul, cela permet de voir le contexte sous un autre jour, sûrement plus favorable. Nous devons relativiser les événements et essayer de comprendre ce qui se passe, ce qui nous bouleverse nous mais aussi notre interlocuteur. Connaître la cause réelle du problème permet de résoudre celui-ci plus sereinement, savoir se remettre en question aussi tout en ressentant et acceptant la colère de l’autre. Bien sûr, ce comportement empathique est plus difficile à mettre en place face à des personnalités dominantes et complexes qui savent créer le trouble au sein de leur entourage. Mais il est essentiel de se rappeler que ce type de personne adopte ce comportement car celui-ci est en rapport avec ses propres problèmes, pas avec nous ! Se dé-personnaliser de cette attitude est primordiale afin d’éviter d’être écrasés sous le poids d’une culpabilité qui ne nous appartient pas.

Une fois le calme revenu dans la tête, il faut s’expliquer avec l’individu en question. Dans ce genre de dialogue, il est important de ne pas accabler l’autre ni de porter de jugement sur ce qui a été dit ou fait. Afin d’assainir les choses durablement, il convient :

  • d’établir la racine du problème qui amène au désaccord
  • d’énumérer ce qui inquiète ou exaspère l’interlocuteur, sans jamais juger la situation. Nous pouvons alors énoncer que nous comprenons ce qu’il ressent et cette démarche doit être sincère. Elle nécessite donc un vrai travail en amont
  • de laisser un temps de parole à l’interlocuteur afin de savoir ce qu’il ressent à ce moment précis
  • d’exprimer notre propre état émotionnel face à la situation, toujours en prenant soin de ne pas blâmer l’autre
  • de trouver la solution ensemble en réfléchissant à différentes options de conciliations


Exprimer nos émotions face aux autres

Être en harmonie avec soi et avec les autres suppose que l’on sache ce que l’on veut, ce que l’on ne veut pas et ce dont on ne veut plus. Exprimer ouvertement les points qui sont importants pour nous permet d’être clair avec soi et d’amener notre entourage a mieux nous cerner et donc, à mieux nous comprendre. Bien sûr, l’exercice suppose de faire le point avec nous-mêmes et d’exprimer nos besoins aux autres. Voici quelques exemples pour formuler ce que l’on souhaite ou pour fixer des limites :

  • « Je me sens (expliquer l’émotion) quand tu dis ou fais… »
  • « Je me suis senti(e) blessé(e) lorsque vous avez dit… »
  • « Je suis convaincu(e) que je mérite… puisque j’ai contribué à… »
  • « Je suis heureux(se) d’avoir passé ce moment ensemble. J’espère vous revoir très bientôt »

Attention toutefois à la façon dont nous passons notre message lors d’un désaccord. Il faut éviter les phrases de ce type :

  • « Vous êtes ridicule lorsque vous faites… »
  • « Vous devriez arrêter de… »
  • « Vous devez faire ceci… »

Il est préférable d’exprimer nos propres impressions et ne pas accuser l’interlocuteur si nous voulons être entendus et compris.

Pour que l’échange et les relations soient constructifs, il ne faut donc pas hésiter à partager nos sentiments, nos impressions et nos limites. Le tout, avec calme et empathie, et toujours en respectant le territoire de celles et ceux qui nous entourent…

Sylvia Bréger.

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Crédits photos © “Close-up of three smiling executive” | By Pressfoto / Freepik

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